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Le Chiapas

Les étapes de la lutte

La guerre de basse intensité

Le Mexique : de la conquête à l'an 2001

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La guerre de basse intensité

 

- En février 1995 : l’armée occupe le territoire zapatiste et les indiens se réfugient dans les montagnes durant un mois, certains sont regroupés dans des camps de réfugiés.

-Le 16 février 1996, les accords de San Andrès sont signés entre le gouvernement et le mouvement zapatiste.

Ils redéfinissent les relations entre l’Etat et le peuple indigène. " Nous sommes parvenus à des accords qui signifieraient le début de la paix sur nos terres, la justice pour les indigènes du Mexique et l’espérance pour tous les hommes et les femmes honnêtes du pays. Ces accords ne sont pas le fruit de notre unique volonté. A San Andrès sont venus des représentants de toutes les populations indiennes du Mexique. Nous continuerons à lutter main dans la main avec toutes les populations indiennes dans la lutte pour la reconnaissance de leurs droits, non comme avant-garde ou comme direction, seulement comme partie. "

- En juillet-août 1996, des rencontres internationales contre le néolibéralisme rassemblent 5000 personnes au Chiapas.

- Fin novembre 1996, le gouvernement refuse les modifications de la constitution proposées par la commission de concorde et de pacification suite aux accords de San Andrès, sous prétexte d’atteinte à la souveraineté nationale.

A partir de ce moment là, le Chiapas entre dans une guerre de basse intensité faite d’occupation des terres par l’armée mexicaine, de mise en place par le pouvoir de groupes paramilitaires, qui interviendront à la place de l'armée mexicaine, de violences, de morts.

- Le 22 décembre 1997, un de ces groupes paramilitaires massacre 45 hommes, femmes et enfants indiens à Actéal.

L’EZLN qui depuis les combats de 1994 avait fait de la parole une arme entre alors dans une période de silence

C'est le "silence zapatiste" dont ils sortent à la fin de 1998. Actuellement ils poursuivent leur travail démocratique au sein des communautés indiennes mais aussi de la société civile mexicaine. Consultations, conventions, négociations se succèdent .Trois obstacles empêchent une réelle négociation : l’absence de médiation, la guerre et la non application des accords.

- Le 21 mars 1999 une consultation nationale ouverte et ample est menée sur le thème de l’incorporation de la loi indigène dans la constitution. Cette consultation se résume à quatre questions :

1.Es-tu d’accord pour dire que les peuples autochtones doivent être inclus en prenant en compte toute leur force et leur richesse au sein du projet national et qu’ils doivent jouer un rôle actif dans la construction d’un nouveau Mexique ?

2.Es-tu d’accord pour dire que les droits des autochtones doivent être reconnus dans la constitution mexicaine, conformément aux accords de San Andrès.

3.Es-tu d’accord pour dire que nous devons parvenir à la paix véritable par la voie du dialogue, en démilitarisant le pays par le biais du retour des soldats dans leurs casernes, comme la constitution et les lois l’établissent ?

4.Es-tu d’accord pour dire que nous, la société, nous devons nous organiser et exiger que le gouvernement " commande en obéissant " dans tous les aspects que peut prendre la vie nationale ? A l’opposé de la critique qui leur est faite d’être scissionnistes, cette nouvelle consultation marque au contraire la revendication de la reconnaissance de la culture, des langues indiennes comme composantes à part entière de l’identité mexicaine.

C’est aussi une façon de faire à nouveau appel à la société civile, aux partis politiques pour construire ensemble un programme de transition, " le programme des problèmes d’en bas, un programme qui ne sera pas celui du gouvernement, mais celui de la nation ".

Deux millions et demi de Mexicains (deux fois plus qu'en 1995) participent à la consultation et réclament à une écrasante majorité l’inclusion de la " loi indigène " dans la constitution mexicaine. Pour préparer cette "consulta" de très nombreux délégués zapatistes sont sortis du Chiapas et ont sillonné le pays pour installer 8000 points de vote dans tout le Mexique.

 

Plusieurs institutions internationales demandent que le gouvernement Mexicain respecte les accords de San Andrès.

 

- Le 10 mai 1999. L'EZLN, par la voix du sous-commandant Marcos, appelle à soutenir la grève des étudiants et les organisations qui protestent contre la privatisation du secteur électrique.

 

- Le 25 août 1999. Affrontement entre la police militaire mexicaine et des paysans favorables à I'EZLN dans le village de San José. Les étudiants, toujours en grève depuis le mois d'avril, sont venus soutenir I'EZLN et les paysans contre la construction d'une route forestière.