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Zapatistes, Féministes Les indiennes relèvent la tête et disent leurs paroles Loi révolutionnaire des femmes zapatistes |
Les indiennes
relèvent la tête |
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Le Chiapas compte trois millions d’habitants parmi lesquels six cent mille sont des femmes indiennes. L’appel des zapatistes à ce que toutes et tous luttent à leur propre manière pour leurs propres utopies est allé droit au cœur de ces brimées parmi les brimés. |
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(Le taux d’analphabétisme dans les régions en conflit illustre l’ampleur des discriminations qu’elles subissent. Il est de 64% à Altamirano, de 60% à Ocosingo et San Cristobal.) Le refus du pouvoir pour soi-même, le rejet de la violence, de la guerre, la revendication de dignité, les pratiques de prise de décision par consensus, la recherche de la pluralité : autant de caractéristiques féminines que l’on retrouve dans l’EZLN, et qui permet aux femmes de s’y retrouver. Les femmes ont donc été parmi les premières de la société civile à se mobiliser pour exiger l’arrêt de la guerre, le respect des droits et de la personne et une paix juste. Lors des premières négociations entre l’EZLN et le gouvernement, elles formèrent une bonne partie du cordon civil de protection autour de la cathédrale de San Cristobal. Aujourd’hui, elles représentent un tiers de l’EZLN, et sont presque toutes indiennes. Elles sont souvent très jeunes. Elles jouent aussi un rôle décisif dans les structures clandestines civiles de l’EZLN. Elles sont nombreuses, nées dans les communautés indiennes et paysannes du Chiapas, à être devenues militaires. Sans enfance, elles sont devenues adultes dans l’EZLN, et c’est là qu’elles ont appris tout ce qu’elles savent. Certaines occupent des grades élevés dans l’armée zapatiste. Ce n’est pas facile, pour les femmes indiennes, nées dans des sociétés traditionalistes et d’un sexisme exacerbé, de changer d’un coup, d’abandonner le réduit de la maison et de se voir traiter d’égales à égales avec les hommes, de vivre et d’avoir des relations avec eux. En retour, leur participation met en question l’organisation traditionnelle de la société indienne qui est basée sur une division sexuelle très nette et une forte abnégation des femmes. |
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