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L'exil |
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Les enfants pleuraient de fatigue, ils avaient des ampoules aux pieds, le soleil tapait fort. " " Dans la montagne, c’était une autre vie, très dure. Nous y avons couru :même si tu n’y arrives pas, tu dois pouvoir car les soldats nous poursuivent. L’eau était très rare. Nous la tirions du dessous des pierres. Mais les petites sources s’épuisaient très vite, alors on est allé en chercher ailleurs. Ca nous donnait beaucoup de travail. Nous travaillons la nuit … pour faire la tortilla. Quand nous entendions arriver les avions, nous éteignons vite le feu. Les avions venaient nous effrayer très tôt, vers trois ou quatre heures du matin. Nous faisions la tortilla de nuit… Nous passons notre vie à faire des tortillas. Nous avons supporté jusqu’à trois jours sans manger vu qu’il n’y avait plus de maïs : Pas de tortilla, pas de pozol, rien. C’est ainsi que nous avons souffert de la faim ". Irma raconte ainsi le repli de dix mille indigènes dans la nuit du huit au neuf février 1995. Le lendemain à l’aube, soixante mille soldats déferlaient dans les vallées. " Au bout d’un mois nous avons regagné le village. Les maisons avaient été vidées, les vêtements étaient en pièce dans la boue, le maïs mangé par les animaux… " " Je marchais, mais quand me venait la douleur ici au côté, il fallait que je m’asseye. Mes enfants voulaient me porter, je leur ai dit que non, que même si c’était en me traînant par terre, je devais y arriver et j’y suis arriver par la grâce de Dieu ".
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