Quelles lois pour le travail des femmes ?


Femmes au travail, 3 pas en avant, 2 pas en arrière

Juillet 83 : la loi Roudy devait garantir l’égalité des femmes et des hommes au travail en instaurant le principe de non-discrimination et du bilan annuel des embauches, formations, promotions devant des représentations des salariés. Pourtant aussi bien au moment de l’embauche qu’en matière de promotion, cette loi est souvent transgressée. Globalement on peut dire qu’elle n’a jamais été réellement appliquée en raison du fort chômage des deux dernières décennies. La priorité était donnée à la préservation des emplois, fussent-ils précaires et inégalitaires.

Novembre 1992 : une loi favorable aux femmes a été adoptée en France, celle contre le harcèlement sexuel. L’adoption de cette loi a été très importante, car elle a permis de lever un tabou sur une oppression dégradante que devaient subir certaines femmes au travail du fait de leur féminité et qui fait l’objet d’une certaine tolérance de la part de la société. Cependant certains jugements rendus depuis cette date montrent qu’il ne suffit pas d’une loi pour régler ces problèmes. Des femmes, dont les patrons reconnaissaient les avoir poursuivies de propositions sexuelles réitérées, se sont vues déboutées de leur plainte. Le juge a estimé qu’il s’agissait de " propos douteux, suggestifs, grivois ou grossiers " mais que cela ne signifiait pas qu’il y avait harcèlement, c’est à dire qu’il y avait contrainte et chantage auprès des plaignantes, du fait qu’elles avaient démissionné d’elles-mêmes pour se soustraire aux pressions.

Décembre 2000 : une directive européenne, entérinée par le Parlement français, permet le travail de nuit pour les femmes, au nom de l’égalité des sexes. Même avant l’adoption de cette loi, certaines femmes travaillaient déjà de nuit en France. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis 15 ans. La hausse a été très faible dans le secteur public, ce qui montre bien que ce sont les impératifs de la production qui amènent les femmes à travailler de nuit, et non les nécessités de services publics d’urgence.

34% des recruteurs avouent des pratiques sexistes de recrutement : questions illégales lors de l’entretien d’embauche : activité du conjoint, projet d’enfants, mode de garde des enfants

Pour 54% des recruteurs interrogés lors d’une enquête effectuée par Rebondir, avoir un enfant représente un handicap dans l’évolution professionnel d’une femme

Du côté des salariées interrogées le choix d’avoir un enfant est intégré comme un frein à la carrière pour 47% d’entre elles

19% des femmes actives déclarent " avoir connu des situations très ou assez déplaisantes au travail du fait de propositions sexuelles "

Les secteurs les plus touchés sont le commerce et l’artisanat, l’industrie et le milieu hospitalier

Les " harceleurs " sont le plus fréquemment le patron (29%), un client (27%), les collègues de travail (22%), ce qui signifie qu’ils ne sont pas forcément en position de supériorité hiérarchique (Sondage Louis Harris)

En 1998, 260 000 femmes ont travaillé plus de100 nuits dans l’année et 580 000 au moins une nuit, soient 6,4% des salariées contre 4,9% en 1984. Cette progression a surtout concerné les ouvrières, en 1988 elles étaient 2,3%, en 1998 elles ont plus que doublé