Tout travail mérite salaire, et pourtant…


Femmes au travail, 3 pas en avant, 2 pas en arrière

Si l’on parle du travail des femmes, la notion du travail domestique est immédiatement évoquée, travail qui viendrait en plus du travail salarié rémunéré. Car on pourrait définir le travail domestique comme l’obligation subie (par les femmes dans la plupart des cas) de fournir des services gratuits. Le travail domestique relève de la sphère privée, il n’est par rémunéré et empiète sur le temps libre, le temps pour soi des femmes.

Avec les discussions sur la mise en application des 35 heures, on a pu mesurer combien est ancrée dans les esprits l’idée que les femmes utilisent leur temps libre essentiellement dans le cadre familial, et combien la notion de temps pour soi était floue appliquée aux femmes. Ainsi, quand les négociations sur la Réduction du Temps de Travail ont abouti à des jours de congé supplémentaires (à prendre une semaine sur deux, ou par demi-journée hebdomadaire) les femmes se sont dans certains cas vues automatiquement proposé le mercredi (comme s’il allait de soi que l’aspiration des femmes était " naturellement " de s’occuper des enfants) alors que les hommes de la même entreprise se voyaient octroyé n’importe quel autre jour… La Réduction du Temps de Travail aboutirait alors pour les hommes à une diversification des activités hors travail liées à l’accomplissement de soi alors qu’elle donnerait aux femmes l’occasion de mieux remplir leur fonction maternelle et évacuerait implicitement la question du temps pour soi pour les femmes. Ce débat est brouillé par le fait que les femmes vivent souvent comme une frustration et avec beaucoup de culpabilité le fait qu’elles ne " consacrent pas assez de temps " à leurs enfants du fait de leur activité professionnelle, et ce d’autant plus qu’elles ont un travail pénible et non gratifiant.

Traditionnellement dans le monde agricole, les femmes travaillant sur l’exploitation n’avaient pour seul statut que celui résultant de leur position familiale, épouse de l’exploitant, sœur, fille… Malgré les progrès législatifs (statut de co-exploitant, accès à la protection sociale, retraite) l’égalité dans le monde agricole a encore du chemin à parcourir. Reconnaissance de la qualification, droit à la formation, autonomie de travail, représentation dans les organisations professionnelles, tout cela reste en grande partie à construire afin d’améliorer la position des femmes dans les exploitations agricoles.

 

En 1949 Simone de Beauvoir annonce le chiffre de 3 heures 45 minutes par jour consacrées par les femmes aux tâches domestiques (courses, nourriture, entretien, enfants…). Pour 1999, les femmes consacreraient 3 heures par jour pour les activités de la maison contre 1 heure pour les hommes

Les 45 minutes gagnées en un demi-siècle sont plutôt dues aux progrès techniques (aspirateur, lave linge, …) qu’à une nouvelle répartition des tâches, plus égalitaire…

 

  Entre 1986 et 1999, les femmes ayant une activité professionnelle n’ont réduit leur activité à la maison que de 7 minutes, et les hommes l’ont augmenté de 4 minutes

 

   Dans les campagnes, comme en ville, 80% des      femmes de 25 à 39 ans ont une activité professionnelle

 

88 000 personnes (dont 85% de femmes) sont concernées par le statut de " conjoint collaborateur " qui assure aux femmes agricultrices une meilleure couverture sociale

 

Les jeunes filles représentent 44% des effectifs de l’enseignement secondaire agricole