Archives d’un auteur

L’art du relationnel

L’approche artistique de Nicolas Momein est originale car il introduit la notion d’œuvre collective. Ainsi les idées de l’artiste sont interprétées d’une multitude de manière différentes par tous les acteurs de l’œuvre : artisans, ouvriers, etc. Le résultat est surprenant pour tous.

Aller à la rencontre de l’autre reste quelque-chose de fondamental pour la créativité et dans le développement de la sensibilité d’un individu : Nicolas Momein y puise son inspiration. Cette démarche est intéressante et plus difficile qu’on ne peut l’imaginer : comment aurais-je réagis à sa place, étant donné ma propre timidité ? C’est là l’ampleur de la tache de cet artiste et celle de la plupart des gens.

Atelier autour de l'exposition

Cela faisait longtemps que je n’avais pas participé à un atelier, sachant que c’est la partie la plus active de la visite : les sensations retrouvées étaient positives. L’atelier consistait à dessiner des motifs en lien les uns avec les autres. Pour ma part, j’avais choisi des lignes ondulatoires car de cette manière je laissais s’exprimer mon inconscient sans la moindre réflexion. Dommage que le résultat ne soit pas assez visible dans sa finalité. J’apprendrais à insister sur les traits dans mes dessins. C’était une bonne expérience!

 

La production d’un travail et de son affect

Je m’attarderais sur l’atelier, dont la thématique était la sensation du toucher : la perception se constituait au travers de nos mains, la vision n’étant pas de mise.

Il est difficile de concevoir l’art sans la vue, ce sens fondamental qui régit notre perception et nous permet de voir les couleurs, les traits, la perspective ; c’est à dire une grande partie de l’univers de l’artiste. La visite était intéressante mais la partie la plus exaltante était la confection d’un travail plastique. En effet, je me suis senti plus à l’aise lors de l’atelier : mon esprit étant occupé à la réalisation de l’œuvre proposée.

N’ayant pas d’inspiration au départ, je me suis lancé dans l’inconnu. C’est souvent de cette manière que l’on finit par trouver les éléments constitutifs de notre travail d’où l’intérêt de cette méthode.

Atelier autour de l'exposition

La dualité homme / femme : tout en nuances!

Cette exposition m’évoque l’idée d’une perpétuelle recherche d’équilibre entre les deux sexes car l’un est considéré comme faible, l’autre comme fort. Cette recherche, menée par le commissaire d’exposition Tobi Maier pour La Galerie, s’inscrit dans le temps et dans le cadre de notre société occidentale. Elle traite notamment de  la « révolution sexuelle » de la fin des années 1960 et du début des années 1970 en Europe. La dualité homme / femme est une constante universelle, ce qui ne la destine pas à rester immuable. En effet, il faut bien qu’elle évolue car l’être humain tend par son imperfection à toujours évoluer. Cette recherche d’équilibre est intéressante car elle est vivante et nuancée : c’est alors un bon sujet d’expression pour l’artiste, qu’il soit féminin ou masculin! La sensibilité accrue de l’artiste lui permet d’ être réceptif à tout ce qui a une charge émotionnelle et intellectuelle importante; ainsi il peut dans son travail suggérer une réponse à cette problématique homme / femme. La réponse qu’on pourra y déceler restera cependant propre à chacun et chacune d’entre-nous…

Le Deuxième Sexe © Cédrick Eymenier, 2013

La série de photographies de Marianne Wex, montrant des hommes et des femmes à travers plusieurs périodes de l’histoire et nous dévoilant leurs mœurs et coutumes à travers leurs postures est révélatrice de l’emprise décroissante des hommes sur les femmes. Elle révèle le vieillissement de la conception patriarcale de la société. Cela n’a pas toujours été le cas. J’ai également entendu dire qu’il y eut des sociétés matriarcales.

La mode est un indicateur intéressant. Les femmes portent des jeans depuis la fin des années 1960, ça ne se faisait pas auparavant. À l’opposé, la sensibilité des hommes s’affiche de plus en plus ouvertement. On a ainsi une évolution de l’image physique de la femme face à une évolution de l’image mentale de l’homme. La femme se « masculinise » et l’homme se « féminise ». L’évolution d’un des cotés accompagne le changement de l’autre. Ceci nous ramène à la notion de dualité qui nous éloigne et nous rapproche tout autant! L’idée principale reste celle d’une révolution plus active et visible chez la femme, et d’une révolution plus intérieure chez l’homme. Bien entendu, libre à chacun de trouver sa propre réponse!

La céramique : évocation de la main

Dans cette exposition, plusieurs œuvres sont présentées avec comme point commun le travail de la céramique. On constate aussi la présence de dessins. Selon le texte d’introduction de la brochure, il s’agit d’un ensemble « d’installations hétéroclites ».

Quelques céramiques m’ont marqué, comme la représentation d’un château-fort avec ses créneaux, placé à l’intérieur de ce qui ressemble à une arborescence. Le château, d’une couleur blanche, trône tout en haut. Une autre œuvre évoque un attroupement de personnes formant un cercle autour d’un objet intrigant. L’art de susciter l’ interrogation! D’un seul bloc, la céramique repose sur une caisse en bois marquée d’une série d’indications qui ajoutent à l’intrigue : « Fragile », « Ne pas ouvrir », « Tenir à sec ». Qu’est-ce que ça peut bien être ? Par ailleurs, des mots ont également été  inscrits un peu partout dans l’exposition, notamment sur la tranche de certains tableaux…

Exposition Andrew ?

Un dessin ainsi qu’une céramique qui représentent une main m’ont particulièrement intéressé. En effet, représenter une main n’est pas chose facile car avant tout c’est l’outil qui matérialise notre imaginaire, quelque-chose d’usuel dont on ne soupçonne presque pas l’existence tant il est évident… D’une manière générale, représenter le corps humain nous renvoie à notre propre image : c’est comme si on se dessinait soi-même. On a ici un aperçu de la difficulté de cette tache.

Le dessin de la main est accompagné d’autres éléments, plus abstraits, placardés au mur qui comporte un nombre important d’œuvres et ressemble à une frise…

Nous avons fait une photo truquée de la main en céramique rouge avec la vraie manche d’un des participants pour donner vie à l’objet. Cette association imprévue n’est-elle pas intéressante et bienvenue ?

Le « mur » de Virginie Yassef

L’exposition m’ a donné l’idée du rapport de l’homme à l’animal, notamment dans la première installation où l’on distingue une fresque dessinée par un enfant à l’arrière-plan (on remarque que Virginie Yassef fait aussi appel à un enfant dans une œuvre vidéo dont le thème est plutôt lié à la science-fiction). Le dessin en question semble traiter de l’évolution, sujet cher à Darwin, ou simplement d’une scène de chasse à l’époque préhistorique, auquel cas on l’associerait à une grotte telle celle de Lascaux. Un des personnages de la fresque sur le moment m’a fait pensé à « Big Foot« : une créature mi-homme mi-ours, qui vivrait dans l’ouest de l’Amérique du Nord, apparenté notamment au Yeti en Asie.

Vue de l’exposition

La photo que j’ai choisi exprime l’idée d’une transition homme-animal: le mythe du Loup-Garou; car l’image m’inspire une scène où l’on voit un loup contempler la Lune, mais bien entendu le sens de la transformation est alors inversé. Ce qui nous amène à l’idée d’une transition animal-homme et à toutes les implications qui en découlent. C’est un des principes de l’art : provoquer le questionnement.

L’atelier quant à lui m’a amené à un tout autre angle : la fabrication d’un vaisseau spatial très ressemblant à l’Enterprise de Star Trek. À une époque aussi futuriste, la question basculera probablement non plus à un rapport homme-animal, mais probablement  à un rapport être humain et extraterrestre; d’une forme d’intelligence à une autre…

Lazily

Exposition Emmanuelle Castellan

Cet œuvre est un autoportrait dont le titre en anglais signifie la « paresse ». On constate d’ailleurs que les yeux de cette femme on l’air fermés, ce qui correspond bien au titre. Je pense qu’il s’agit d’une femme, car j’ai l’impression qu’elle a des cheveux longs qui ondulent : on passe d’une chevelure châtain clair à du jaune de haut en bas du portrait. Elle semble aussi porter un chapeau en forme de losange, vestige d’un dessin précédent. C’est d’ailleurs une des marques de fabrique d’ Emmanuelle Castellan, car elle veut atteindre une certaine perfection. C’est pourquoi elle ne se satisfait pas de ses productions artistiques, et réinvente autre-chose sur une même toile à travers des couches successives de peintures ou de dessins. Les couleurs sont peu prononcées et apaisantes, ce qui a facilité mon choix. L’exposition en elle même était intéressante. On a retenu notamment le fait que certaines des œuvres de l’artiste sortaient du cadre, et qu’elles continuaient de s’étendre aux murs de La Galerie. Les dégradés et les jeux de contrastes étaient aussi utilisés par l’artiste. Les productions que nous avons vues étaient pour la plupart abstraites. Enfin, l’expression de la perfection est je pense, commun à une partie des artistes; quand aux autres, probablement qu’ils recherchent une voie plus abstraite à travers l’expression de l’inconscient. Dans ce cas-ci, j’ai l’impression que les deux notions sont réunies…

La symbolique des monuments

La symbolique est une notion subjective voire immatérielle; d’où l’idée « d’invisibilité » en rapport au monument dans cette exposition collective. La ligne directrice, selon moi, est une certaine forme de violence représentée dans chaque œuvre à travers l’idée commune de la nation.

Le drapeau enroulé sur lui-même est de couleur rouge, et fait donc penser à du sang. La nappe blanche est un arbre généalogique; celui de la mafia italienne en l’occurrence, ce qui souligne la présence d’une « mafia » ou non selon la culture du pays dans lequel on se trouve (point de vue réfutable éventuellement). Ainsi la continuité d’une organisation mafieuse est préservée par les femmes…

Passons maintenant à la lettre d’Éric Baudelaire, qui interroge les grands dirigeants britanniques sur l’utilité de la force de dissuasion nucléaire au travers d’une démarche artistique et philosophique : les réponses sont pour le moins concises et courtes, sans doute motivées par le « secret défense ».

Enfin la statue de Truman, érigée en Grèce a fait l’objet de saccages, car ce dernier est entre autre à l’origine d’une décision pour le moins catastrophique : le lancement de la première bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki.

Pour finir, on peut constater que nombres de monuments à travers le monde ont été érigés en rapport à des évènements gravissimes. La violence fait donc partie intégrante de la construction symbolique d’une nation.

La structure minéralogique

Pauline est l’artiste qui nous a fait la visite de cette exposition et la première œuvre qu’elle nous a montré est cette structure d’un minéral de grande taille éclairée de l’intérieur. L’allusion qu’elle a faite à propos du film 2001, L’ Odyssée de l’Espace, en rapport à ce rectangle noir au début de l’histoire qui semble être, selon moi, une « entité créatrice », m’a marqué car cela reste mystérieux. Étant donné ma passion pour la science-fiction… D’ailleurs lorsqu’on a vu la peinture qui succédait à la première œuvre, je suis resté dans cette analyse un peu futuriste en parlant de la représentation d’une fusée. En tout cas des minéraux de cette taille sont sans doute rare, même si j’ai entendu parlé d’une grotte qui en contiendrait. Cette représentation a donc une part de réalité autant qu’elle donne le champ libre à différentes interprétations; en effet cette structure est une œuvre d’art à l’état brute : autrement dit la nature elle-même crée des choses que l’homme peut contempler, et qualifier comme étant de l’art.

Les chiens de garde

Cette œuvre, (Le chef d’œuvre, de Georges Tony Stoll) selon ma première impression, souligne un fait de société souvent utilisé par une certaine classe politique. Cette dernière se sert de ce sujet pour asseoir son emprise sur les consciences, et fait ainsi régner la peur. Le climat d’insécurité qui en résulte rend la population plus docile. On peut trouver aujourd’hui, dans l’actualité, un sens à cette œuvre, notamment en ce qui concerne ce qui c’est passé avec une personnalité en particulier. Cette personne a vu sa protection rapprochée se renforcer, pour un fait pas si grave que cela. Ce qui veut dire que les faits d’insécurité sont souvent rarissimes et je pense, sans gravité majeure pour la plupart d’entre-eux. Seule une minorité de ces faits est gravissime et accentuée par les médias notamment. On constate, concernant l’œuvre, que les personnes qui tournent autour de l’objet jaune, eux aussi ont une attitude agressive, par soucis de protection. Finalement, on peut dire que la violence engendre la violence. Concernant l’objet, il semble inanimé, ce qui peut vouloir dire que même un simple objet peut attiser les convoitises et engendrer des attitudes extrêmes. On peut parler là de matérialisme. On distingue donc la violence faite aux personnes, et celle qui consiste à obtenir quelque chose de matériel. C’est peut-être là le message que l’artiste Georges Tony Stoll voulait nous transmettre.

Les ombres chinoises

.Exposition de Meris Angioletti (du 17 Septembre au 19 Novembre 2011)


Ce travail encré dans un collectif, a été un processus intéressant. Je veux dire par là que le fait de produire une œuvre en groupe, apporte un enrichissement sur le plan humain à travers les interactions entre les uns et les autres, et la naissance d’un certain nombre d’idées qui n’apparaitrais pas forcément si l’on était seul. C’est bien là le but de ma participation à ce projet, car en réalité, le résultat final m’importe peut, seul le chemin pour y parvenir compte réellement à mes yeux… Enfin, cela me permet de me sociabiliser un peu plus, malgré le temps que cela prendra.

Passé l’enrichissement personnel, le travail en lui même était assez sympathique. J’étais relativement à l’aise avec mes camarades, et notamment dans la partie qui consistait à dessiner une forme quelconque sur une feuille noire; aimant bien le dessin abstrait, je me suis exécuté naturellement, et la forme est venu d’elle-même. Mon dessin était d’ailleurs le plus gros, moi qui d’habitude dessine régulièrement de tout petit dessin (cela a peut-être une symbolique particulière). Par la suite, une caméra était disposé devant une toile, et c’est là que nos dessins une fois découpés, et scotchés à un bâton allait prendre vie par l’intermédiaire d’un scénario intitulé « L’homme au Chapeau ». Nous formions une équipe ou chacun avait un rôle bien définit: moi, je tenais le chapeau, et d’autres, leurs différents dessins ou éléments disposés de manière le plus cohérent possible. Une personne tenait des filtres devant la caméra afin de donner une ambiance bien précise; enfin, il y avait quelqu’un qui racontait l’histoire de « L’homme au Chapeau »(la partie la plus difficile selon moi). Puis tout en filmant, nous faisions évoluer nos dessins en fonction de l’histoire… Le résultat est un peut drôle et chaotique, je pense; mais seul le processus de création est important comme je le disait. J’espère en tous cas, qu’il y aura une évolution dans nos créations, et que celle-ci seront diverses et variées, qu’elle soient réussies ou moins…