Archives d’un auteur

Caméléon

Un caméléon multicolore
vient de passer devant moi
il a un cœur bleu
des pensées jaunes et vertes
une manière de parler qui me
rappelle la couleur ocre
une vision du monde noire
mais une façon de rire mauve
Je ne sais pas si j’ai vu tout
ça en vrai ou si j’ai pas
projeter (encore) des choses
sur lui, alors j’ai googlé
« caméléon-humain qui marche
ans la rue ».
Et je suis tombé sur « aucun
résultat ». Plus tard,
j’ai demandé à la lune
si mon imagination ne
prenait pas trop de place :
la lune n’a rien dit, elle
a intensifié sa lumière
encore, et encore, et encore,
et encore, et encore, et encore
mon visage était si illuminé
si brillant,
j’ai fermé les yeux
j’ai fermé les yeux longtemps
tout apparaissait
calme, calme, calme
clair, clair, clair
clair, clair, clair, clair
clair, clair, clair, clair…

« Le Deuxième Sexe – une note visuelle » (25 mai au 13 juillet 2013)

Conçue par Tobi Maier, l’exposition « Le Deuxième Sexe – une note visuelle  » est un essai visuel inspiré du livre éponyme de Simone de Beauvoir, datant de 1949.  [...]

« Le Deuxième Sexe – Une note visuelle » présente les installations de trois femmes artistes couvrant une multiplicité de médiums : film, sculpture photographie, collage…

Initiés dans les années 1970, les travaux d’Anne-Mie van Kerckhoven, de Marianne Wex et d’Ilene Segalove peuvent être considérés comme autant d’émanations visuelles des idées issues de la deuxième vague du féminisme. Engagée à la fin des années 1960, la critique du patriarcat, du capitalisme, du rôle de la femme en tant qu’épouse et mère ainsi que celle des liens entre race, classe et oppression des femmes en constituait les thèmes centraux. Encore d’actualité, les idées portées par les œuvres de l’exposition font également écho à la troisième vague du féminisme, plus transversale, qui a débuté au milieu des années 1990 et s’est efforcée de déconstruire les notions de corps, de genre, de sexualité et d’hétéro-normativité.

En collaboration avec le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris, l’exposition présente une sélection de films issus des archives du Centre qui se composent de vidéos activistes – féministes, gays et lesbiennes – des années 1970, mais aussi d’œuvres plus récentes – documentaires, art vidéo, fictions et films expérimentaux, réalisés en France et à l’étranger.

Émilie Renard, directrice, extrait du dossier de presse.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize / « Andrew ? » (16 mars – 11 mai 2013)

« Andrew ? » est à lui seul un projet collaboratif initié par le duo Lamarche-Ovize à l’occasion de sa résidence de neuf mois à La Galerie. L’exposition réunit une cinquantaine de céramiques réalisées lors d’ateliers menés avec des invités de champs différents : des artistes (plasticiens, danseurs, musiciens, écrivains), et des groupes constitués autour d’intérêts communs : à Noisy-le-Sec, ce furent des membres du Conservatoire municipal de musique et de danse, des employés du Service des espaces verts, des femmes des ateliers socio-linguistiques du Centre social du Londeau et à Noisy-le-Grand, des membres de l’association Fortuna, création de spectacles d’évocations historiques. N’ayant que très peu ou même jamais utilisé cette technique, tous se retrouvent au même stade d’amateurisme lors des séances de travail à l’atelier.

La terre devient alors un unique moyen d’expression, abolissant les frontières entre des pratiques très élaborées chacune dans leur propre domaine.

Depuis le mois de septembre 2012, ce projet s’est développé sous la forme d’une succession de micro résidences accompagnées par les deux artistes dans toutes les étapes de production des céramiques – fabrication, séchage, cuisson et émaillage. Dès le début, l’accord passé avec les participants fut très clair : chacun réalise une pièce, dont la seule contrainte imposée serait celle de la taille, limitée par la capacité du four (40 x 40 x 40 cm.), qu’il prête le temps de l’exposition et dont il laisse à Lamarche- Ovize le soin de la présentation, après leur avoir livré toutes recommandations utiles à sa monstration. Une fois les pièces en céramique réalisées, le duo en propose une lecture qui lui est propre sous la forme d’une exposition, avec tous ses attributs : socles, cartels, pictogrammes, plan, journal… Lamarche-Ovize agissent ainsi précisément à la jonction des éléments hétéroclites qui composent l’exposition, reliant les contributions de chacun sur la base d’associations d’idées, de formes, d’auteurs, de couleurs, de récits ou d’ambiances, traitant des oeuvres au cas par cas, dans toute leur singularité, sans jamais faire système, sans pensée globale.

Andrew, qui prête son nom à l’exposition, est un modèle pour dessins de nus que Laetitia Paviani a introduit dans cette histoire en intitulant sa pièce en céramique ainsi, mais c’est aussi un miroir de la position du duo durant ces derniers mois dans l’atelier : témoin fidèle de chaque expérience, présent quotidiennement, il accompagne, révèle et ne cesse d’être interpellé par ce point d’interrogation qui lui colle à la peau et l’empêche de ne jamais conclure vraiment.

Émilie Renard, directrice, pour le dossier de presse.

Virginie Yassef / « Un mur de sable vient de tomber » (1er décembre 2012 – 9 février 2013)

« Un mur de sable vient de tomber » engage d’emblée dans une perspective narrative où quelque chose s’est passé, à l’instant, sous nos yeux, presque sous nos pieds. Si d’après ce titre, l’événement est advenu de manière soudaine dans l’exposition, il se développe suivant une série de lentes métamorphoses : dans la vidéo Alloy (2007), un tas de petits volumes géométriques prend, sous les gestes patients d’un enfant, la forme d’un monument à l’équilibre précaire ; ailleurs, sur une scène, des sculptures deviendront autant d’accessoires d’un spectacle, voués à se transformer sous les manipulations habiles d’un autre enfant […]

La déformation, au sens de déplacement, peut qualifier le « salon de lecture » dans son ensemble : de son mobilier, à l’édition qui y est donnée à lire, aux Scénarios Fantômes (2003-2012). Les fauteuils sont les répliques de meubles à monter soi-même selon les plans conçus par Gerrit Rietveld en 1934 […] L’édition est aussi entièrement composée de citations isolées, faits relevés dans des journaux : de courtes phrases qui font immédiatement image flottent dans les larges pages blanches d’un journal, marquant ainsi l’absence du contexte d’origine dont elles sont extraites de manière irréversible. Autre forme de flottement, autre effet de recadrage : les Scénarios Fantômes – qui fonctionnent par séries de une, deux ou trois photographies – postulent, par leur titre commun, l’hypothèse d’un récit qui articulerait entre elles les quelques images qui les composent, sans autre indication d’un quelconque sens de lecture.

À ces formes de suspension du sens répondent des formes de suspensions physiques cette fois, qui touchent les sculptures : qu’elles soient régies par des forces d’attraction magnétique ou par des systèmes de contrepoids – comme pour la sculpture aérienne Airedificio (2007) – toutes génèrent des effets illusionnistes liés à des phénomènes physiques de forces contraires. L’instabilité du mur de sable qu’on imagine s’être répandu au sol en une infinité de grains, touche ainsi l’ensemble de l’exposition. Par ces suites de glissements, d’états transitoires, les oeuvres demeurent indéterminées, à venir, en suspens, à l’image de la figure de l’enfant qui agit ici comme une promesse, un facteur de mobilité et de déformation, lui-même en mutation vers l’animal.

 

Extrait du texte d’Émilie Renard, directrice, pour le dossier de presse.

Emmanuelle Castellan (22 septembre – 17 novembre 2012)

La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec consacre à Emmanuelle Castellan sa première exposition personnelle dans une institution d’Île-de-France.

Née à Aurillac en 1976 et actuellement basée à Berlin, l’artiste présente une série de nouvelles toiles, souvent mises en situation dans l’espace, aux côtés de peintures murales.

La peinture d’Emmanuelle Castellan est empreinte d’une évanescente présence « à retardement ». De l’atelier à l’espace d’exposition, ses gestes cumulés à la surface de ses toiles sont à peine perceptibles, comme enterrés sous des couches successives. À l’échelle de l’exposition, ils semblent passer d’un support à un autre dans un total décloisonnement : toiles, planches, murs, colonnes, encadrements de fenêtres. Ses gestes, en apparence sans gravité, investissent ici l’espace d’une manière toute subjective, mi-éthérée, mi-organique. Le regard semble presque glisser sur ce qu’elle appelle ses « peintures-écrans », quasi monochromes d’où toute figure semble s’être évanouie, qui scandent la déambulation et envahissent l’architecture du lieu. Écouter l’écho d¹un espace en flottement pourrait être un jeu que nous propose le travail d’Emmanuelle Castellan.

Marjolaine Calipel, chargée de la communication, de la presse et des éditions

« Les monuments invisibles » (26 mai – 21 juillet 2012)

Costanza Paissan, dans le cadre de la résidence annuelle de commissaire d’exposition étranger à La Galerie, réunit les artistes Fayçal Baghriche, goldiechiari, Eric Baudelaire, Iris Touliatou, Tomaso De Luca, et Stefanos Tsivopoulos, pour une exposition autour de l’idée de monument :

« Les recherches des artistes présentés dans l’exposition questionnent l’idée de monument, sa fonction, sa valeur et son sens dans le monde contemporain. Cette réflexion critique jaillit d’un objet investi depuis toujours par une forte charge symbolique et caractérisé par une évidente épaisseur conceptuelle. Le monument n’est pas seulement une œuvre architecturale ou artistique située dans l’espace public, il se veut surtout être le véhicule d’un souvenir, le réceptacle d’une mémoire personnelle ou collective, le vecteur d’un message à travers le temps.

La reconnaissance de cette fragile relation entre forme et substance ne questionne pas uniquement la signification du monument, mais conteste également la valeur de son contenu. L’histoire et la mémoire sont-elles encore « visibles » ? Où sont-elles allées ? Existe-t-il encore des images, des idées, des mots et des voix qui soient capables de remplir le monument, d’en combler le volume vide ?

Les artistes interpellent et critiquent ici le concept de monument, en montrant sa fragilité et en proposant de nouvelles interprétations, des relations inédites à l’histoire et à ses traces. Ils nous parlent du passé, du souvenir comme autant d’éléments mobiles, doués d’une identité variable et élastique et présentant les contours flous de la vérité et de la fiction, de l’oubli et de la mémoire. […] Le monument n’a pas disparu : en assumant d’autres formes, il se montre encore en transparence sur une scène secrète et cachée, recouvert d’un nouvel habit magique tissé d’interrogations et de doutes et non de vérités supposées. »

Extrait du texte de Costanza Paissan, commissaire de l’exposition, pour le dossier de presse.

« Cœur de silex » (25 février – 21 avril 2012)

Dans le cadre de sa résidence à Noisy-le-Sec, Pauline Curnier Jardin propose à des artistes dont l’univers lui est proche de participer à une « exposition cabaret », mise en forme par l’équipe de La Galerie. Elle présente également les oeuvres produites pendant sa résidence de neuf mois à La Galerie, au sein desquelles le baroque rivalise avec le folklore, la performance côtoie le journal intime, faisant naître des histoires dans un véritable bouillonnement des formes.

Les artistes invités sont Karina Bisch, Das Dingbât, Rachel Garcia, Laura Gozlan, Elina Juopperi, Nina Lassila, Marie Losier, Maja Nilsen, Elisa Pône, Marie Proyart, Catriona Shaw et d’autres encore, sur les nombreux événements (concerts et performances).

« L’exposition  » Coeur de silex » a été pensée par Pauline Curnier Jardin en même temps qu’elle réalisait un film du même nom, inspiré par l’histoire enfouie de la ville. L’exhumation à Noisy-le-Sec au début du 20e siècle d’un silex biface du Paléolithique – hache enterrée jusqu’au moment de cette fouille – apparaît comme un signe prémonitoire du traumatisme causé par le bombardement du 18 avril 1944 sur la gare de triage par les alliés. Dans l’intervalle, la coïncidence veut qu’au lieu même où se trouve aujourd’hui le centre d’art, existait dans les années 30 un musée de la préhistoire où fut exposée la hache déterrée. (…)

Bienvenue dans la nébuleuse « Coeur de Silex », où l’accessoire se fait sculpture, l’installation se fait costume, la mise en scène se fait dessin, dans une confusion délibérée de formes transitoires. Où l’humain se mue en animal, végétal ou minéral mais parfois aussi en objet. Où l’archaïque croise le burlesque. Où les figures des avant-gardes, les films de séries B et les arts et traditions populaires se côtoient dans une  » dé-hiérarchisation » des genres. »

Extrait de l’introduction de Marianne Lanavère, directrice de La Galerie, pour le journal d’exposition

Georges Tony Stoll (3 décembre 2011 – 11 février 2012)

« L’exposition de Georges Tony Stoll à La Galerie de Noisy-le-Sec propose une relecture du travail de l’artiste. Longtemps considéré comme une œuvre de l’intime, son travail photographique n’est qu’une des facettes d’un travail et d’une pensée qui se construisent depuis plus de vingt ans. Ses formes et ses supports reflètent ses questionnements sur l’expérience de l’art, sa fabrication même et la notion d’abstraction dans une société où le réel tend à s’imposer jusqu’à l’imaginaire. La photographie, la vidéo, la peinture, les constructions de bois, les tableaux de laines sont autant de domaines d’interrogation sur l’acte de création. Ils mettent en scène l’expérience de l’art, interrogeant l’écart entre le réel et « la fabrication du réel ».

Extrait du communiqué de presse de l’exposition (texte par Jean-Marc Avrilla, commissaire associé sur l’exposition, historien de l’art, commissaire et critique indépendant.)

Meris Angioletti (17 septembre – 19 novembre 2011)

La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec consacre à Meris Angioletti (1977, Bergame, Italie) sa première exposition personnelle en France.

Puisant ses recherches tant dans l’histoire des arts, les œuvres de Meris Angioletti interrogent les mécanismes de la perception, de la mémoire et de la psyché. Elles prennent la forme d’installations lumineuses ou sonores, de projections vidéo, de diaporamas, de publications et de tirages photographiques. L’acte de projeter de la lumière, des images ou des couleurs, celui de diffuser des sons dans un lieu visent à créer une relation entre l’espace physique et l’espace mental pour favoriser chez le spectateur des « visions intérieures ».

Extrait du communiqué de presse de l’exposition