Archive pour la catégorie ‘Les monuments invisibles’

Projet « Construction de souvenirs »

Présentation par Cécile Rho, artiste intervenante à La Galerie :

« Ce projet portant sur la construction de la mémoire collective à partir de souvenirs individuels est l’occasion d’un échange autour de l’histoire d’un territoire, commun à tous les participants : la ville de Noisy-le-Sec. Au fil des séances, des personnes issues de générations différentes partagent leur vécu et réalisent ensemble un monument à la ville.

La première séance d’atelier consiste à fabriquer une petite boîte à souvenirs dans laquelle chacun est invité à glisser un objet personnel. Cette boîte est ensuite intégrée à la construction collective.

La deuxième séance donne lieu à un moment de réflexion sur l’origine de certains noms de rues et d’endroits habituellement fréquentés, sur l’origine du nom « Noisy-le-Sec » et sur la composition du blason de la ville.

La dernière séance est consacrée à une rencontre avec les membres de l’association « Noisy-le-Sec histoire(s) », qui partagent leurs connaissances et expériences de la ville avec les différents groupes à travers la découverte d’anciennes cartes postales et des parcours dans la ville à la recherche des traces du passé. »

Ce projet initié par La Galerie dans le cadre d’un dispositif Service du Développement et de l’Action Territoriale de la DRAC Ile-de-France s’est déroulé en mai 2012 avec deux groupes d’enfants des centres de loisirs élémentaires des quartiers Langevin et Quatremaire et un groupe de femmes des ateliers sociolinguistiques du Centre social du Londeau autour de l’exposition « Les monuments invisibles ».

Retour dans le passé à la place Jeanne d’Arc
Centre de loisirs Langevin
Avec Anne-Marie Wincopp, Marie-Andrée Coppin-Roginsky et Roger Lefert

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Jeu de piste dans la ville
Centre de loisirs Quatremaire
Avec Anne-Marie Wincopp, Marie-Andrée Roginsky et Marie-Christine Marella

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Les cygnes en mouvement

Autour du projet « Tourné-monté » de Thibault Brébant, artiste intervenant à La Galerie.

Présentation des enfants participants :

« On a mis des masques neutres puis on a bougé et mimé des choses en fonction des images. Nous étions muets. Il y avait des projections et on a pris des poses. On n’a pas vraiment compris les images, parce qu’il n’y avait que du blanc, du noir et du gris. On avait l’ impression d’être « au bon vieux temps ».

On a parlé sans la voix, mais avec des signes et des masques neutres. On est allé dans une salle de projection. On a fait des formes avec notre corps.

On est allé dans une salle, elle était remplie d’images différentes mais ces images, c’était des matières. On a mis un masque neutre et on a parlé sans parole. C’était difficile car il fallait improviser. Nous avons adoré.

Nous avons mis des masques neutres pour faire un film, nous avons fait des formes avec nos ombres, par exemple des carrés, des cercles, des triangles de nuit, des gestes de karaté.

Les images étaient comme déchirées, mystérieuses, bizarres. J’y ai vu une forme d’araignée et nous avons aimé.

On a été filmé à la Galerie, nous avons dansé sur des images bizarres de déchets : de la laine, un mouchoir sale… Nous avons aimé.

J’ai aimé par ce que je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas d’images et aussi j’ai bien aimé les gestes de mes camarades. J’ai également aimé les couleurs des images, je me suis sentie comme une actrice de cinéma muet.

Nous avons mis des masques pour mimer. On a bougé dans tous les sens en fonction des images.

C’était bien, on a adoré, on a utilisé les bras et les pieds. On a vu plein de taches sur les murs, c’était les projecteurs qui faisaient de la lumière. On a fait attention de pas bousculer les autres. Certains faisaient n’importe quoi ! »

Lylia, Sirine, Zahia, Nadia, Mélinda, Salma, Kamel, Sailayan, Ahmed, Goundo, Hasna, Célia et Inès

Notre film :



 

Ce projet s’est déroulé dans le cadre d un atelier croisé entre La Galerie et la Médiathèque le samedi 7 juillet 2012 autour de l’exposition « Les monuments invisibles ».

Projet « Tourné-monté »

Présentation par Thibault Brébant, artiste intervenant à La Galerie :

« Après une brève séance de relaxation, nous débutons cette séance d’atelier par une approche corporelle de l’œuvre de Faycal Baghriche Enveloppement. En expérimentant des postures de repli sur soi et d’ouverture au monde, nous entamons un dialogue avec le geste de l’artiste, consistant à présenter au cœur de La Galerie un drapeau national enroulé sur lui-même.

Ce geste fort nous invite à réfléchir sur l’idée que nous nous faisons d’une nation et notamment de ses forces et faiblesses à représenter l’ensemble des personnes vivant sur un territoire commun.

Puis nous jouons collectivement à alterner postures corporelles de repli et d’ouverture pour transformer ces gestes quotidiens en une sorte de danse dans l’espace d’exposition.

Placés devant les projecteurs dans l’installation Sad Disco Stone Men de Tomaso De Luca, nous improvisons, telles des ombres chinoises, des postures et mouvements à partir de ses images.

Chaque nouvelle image nous permet de réaliser de nouvelles inventions : formes géométriques, rapports d’échelles, mimes, postures figées etc…

Nous réalisons une trace vidéo en tourné-monté de cette expérience. Le tourné-monté est une technique de réalisation cinématographique qui consiste à tourner tous les plans d’un film en continuité, dans l’ordre chronologique, c’est-à-dire dans le même ordre que celui qui sera présenté au spectateur et en ne réalisant qu’une seule prise par plan. De sorte que le film n’ait pas besoin d’être monté ultérieurement.

Le petit film est ensuite visionné à la médiathèque ou nous rédigeons individuellement un petit compte rendu d’atelier pour ce blog. »



 

Ce projet s’est déroulé dans le cadre d’ateliers croisés entre La Galerie et la Médiathèque les mercredi 4 juillet et samedi 7 juillet 2012 autour de l’exposition « Les monuments invisibles ».

 

Projet « Monument en construction »

Présentation par Cécile Rho, artiste intervenante à La Galerie :

« Les visiteurs de l’exposition  « Les monuments invisibles » sont invités à laisser une trace de leur passage en prenant part à l’édification d’un monument collectif intergénérationnel. Chacun apporte sa pierre à l’édifice à travers la fabrication d’une boîte où il a glissé des objets et des souvenirs personnels en lien avec la ville de Noisy-le-Sec. Ces boîtes à souvenirs sont comme archivées au sous-sol de La Galerie, mais aussi empilées en un monument de papier qui évolue au fil du temps, au gré des différentes interventions. Ainsi, l’addition des souvenirs personnels donne forme à une mémoire collective commune aux visiteurs du centre d’art.»

Ce projet fut initié par Costanza Paissan (Italie) dans le cadre de sa résidence de commissaire d’exposition étranger à La Galerie.

La symbolique des monuments

La symbolique est une notion subjective voire immatérielle; d’où l’idée « d’invisibilité » en rapport au monument dans cette exposition collective. La ligne directrice, selon moi, est une certaine forme de violence représentée dans chaque œuvre à travers l’idée commune de la nation.

Le drapeau enroulé sur lui-même est de couleur rouge, et fait donc penser à du sang. La nappe blanche est un arbre généalogique; celui de la mafia italienne en l’occurrence, ce qui souligne la présence d’une « mafia » ou non selon la culture du pays dans lequel on se trouve (point de vue réfutable éventuellement). Ainsi la continuité d’une organisation mafieuse est préservée par les femmes…

Passons maintenant à la lettre d’Éric Baudelaire, qui interroge les grands dirigeants britanniques sur l’utilité de la force de dissuasion nucléaire au travers d’une démarche artistique et philosophique : les réponses sont pour le moins concises et courtes, sans doute motivées par le « secret défense ».

Enfin la statue de Truman, érigée en Grèce a fait l’objet de saccages, car ce dernier est entre autre à l’origine d’une décision pour le moins catastrophique : le lancement de la première bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki.

Pour finir, on peut constater que nombres de monuments à travers le monde ont été érigés en rapport à des évènements gravissimes. La violence fait donc partie intégrante de la construction symbolique d’une nation.

What a tablecloth……

Spread out on a wooden oak table. Immatculte white. What a first impression!

Having a closer look we are overcome by a sort of family tree.

Listening to the details of the why and how we are quickly submerged by the horror and death.

Each of the « family members » on the tree is a judge, police officer or a politican who was shot down, blown up or ruthlessly assinated by the mafia.

Finally this immaculte white table cloth is bloodridden.

La table des morts

Exposition Les monuments invisibles © Cédrick Eymenier, 2012 Voila une table qui raconte que des centaines de personnes sont mortes en Italie pour des raisons politiques depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à maintenant. J’écris mon article pour les morts et j’ai retenu cette œuvre de goldiechiari parce que ce n’est pas normal qu’il y ait autant de morts. J’espère qu’il y aura un peu de changement pour la paix, l’amour…

L’objet quotidien comme oeuvre d’art

L’exposition était plus ou moins intéressante, j’ai aimé l’idée de présenter des objets qu’on utilise dans notre vie quotidienne comme des  œuvres d’art, notamment la nappe brodée de goldiechiari.

Le drapeau replié sur lui-même de Fayçal Baghriche montre que cet objet, qui est souvent symbolique et représentatif  d’un pays, peut devenir  soudain un objet banal, qui peut être confondu à n’importe quel drapeau.

Exposition Les monuments invisibles © Cédrick Eymenier, 2012

L’atelier était très bien, cela m’a permis de faire travailler mon imagination. Créer une micro-nation m’a permis de jouer le rôle d’un homme puissant, d’établir mes règles. J’ai créé un blason qui me ressemble, un blason qui représenterait au mieux ma nation.

Atelier autour de l'exposition

une nappe aux tâches propres

Quelle jolie nappe en lin!  Elle me rappelle celles qui sont soigneusement pliées dans les armoires de ma grand mère, blanches, brodées avec soin.

Mais en m’approchant davantage, je découvre des écussons dans lesquels apparaissent des noms, des noms de famille, placés dans un arbre généalogique de  » famille »,  pas une mais plusieurs…mais qui sont-ils, qui sont -elles ?

L’invisible est là, ce n’est pas une nappe mais le suaire des familles de Palerme massacrées par la mafia.

Plus aucune nostalgie ne ressort de ce rectangle blanc. Des tâches de sang apparaissent, mais dans mon imagination une distorsion d’optique sans doute fait que ce rectangle reste  inexorablement blanc, sans tâches, propre !!!!

Ce rectangle blanc sous lequel sont enfouis tous ces gens, toutes ces innocentes victimes, enfouies, camouflées, cachées est aussi un voile sur nos souvenirs.

La nappe des massacres reste indéniablement blanche. L’invisible est cependant criant. Venez  nombreux la voir pour que  les tâches de l’histoire ne soient jamais propres, ni oubliées.

C’est l’œuvre très originale Geneaologia di Damnatio Memoriae, 1947-1992, Palermo de goldiechiari, visible en ce moment à la Galerie

Exposition Les monuments invisibles © Cédrick Eymenier, 2012

Une statue privée de liberté (Lost Monument)

Le film montre et met en évidence la statue du président américain Harry S. Truman au regard du peuple grec et turque. Depuis sa création en 1963 à côté d’ Athènes et à cause de la situation politique et économique qui la concerne symboliquement, la statue est « malmenée » et rejetée par les différentes classes sociales de la population qui revendiquent en elle l’intrusion de l’ogre américain dans l’histoire du pays.

Exposition Les monuments invisibles © Cédrick Eymenier, 2012

La situation et l’évolution de la statue dans la vidéo fait penser à la chute du dictateur irakien Sadddam Hussein et de son régime avec la fameuse destruction de la statue à son effigie.

L’action dans le film, physiquement, est quasiment neutre et donne une dimension particulière et une analyse très objective. La lenteur des faits et gestes des figurants et le peu de dialogues les concernant accentuent cette impression.

Rendez-vous 3.0 « Micronations»

Présentation par Céline Laneres, chargée de la médiation et des jeunes publics à La Galerie :

Le monument est un symbole exprimant l’unification d’un territoire derrière son histoire et ses valeurs. Interrogé par les artistes de l’exposition, la solidité de ce symbole est remise en question quand l’homogénéité de l’Histoire officielle qu’il porte se scinde.

Adopté par toutes les nations du monde, le drapeau est la représentation symbolique la plus forte du territoire. À partir d’un fonds d’images extraites d’emblèmes territoriaux de toutes les époques, du blason médiéval au drapeau moderne, les participants sont invités à créer le drapeau d’une nouvelle micronation à leur image. La personnalité de chacun les poussera à piocher dans le bestiaire ou la flore de l’héraldique médiéval, à choisir une chimère ou des formes abstraites pour composer l’identité de leur propre territoire imaginaire.

Cet atelier s’est déroulé dans le cadre d’ateliers croisés entre La Galerie et la Médiathèque avec le Centre Médico-psychologique de Noisy-le-Sec autour de l’exposition « Les monuments invisibles ».

« Les monuments invisibles » (26 mai – 21 juillet 2012)

Costanza Paissan, dans le cadre de la résidence annuelle de commissaire d’exposition étranger à La Galerie, réunit les artistes Fayçal Baghriche, goldiechiari, Eric Baudelaire, Iris Touliatou, Tomaso De Luca, et Stefanos Tsivopoulos, pour une exposition autour de l’idée de monument :

« Les recherches des artistes présentés dans l’exposition questionnent l’idée de monument, sa fonction, sa valeur et son sens dans le monde contemporain. Cette réflexion critique jaillit d’un objet investi depuis toujours par une forte charge symbolique et caractérisé par une évidente épaisseur conceptuelle. Le monument n’est pas seulement une œuvre architecturale ou artistique située dans l’espace public, il se veut surtout être le véhicule d’un souvenir, le réceptacle d’une mémoire personnelle ou collective, le vecteur d’un message à travers le temps.

La reconnaissance de cette fragile relation entre forme et substance ne questionne pas uniquement la signification du monument, mais conteste également la valeur de son contenu. L’histoire et la mémoire sont-elles encore « visibles » ? Où sont-elles allées ? Existe-t-il encore des images, des idées, des mots et des voix qui soient capables de remplir le monument, d’en combler le volume vide ?

Les artistes interpellent et critiquent ici le concept de monument, en montrant sa fragilité et en proposant de nouvelles interprétations, des relations inédites à l’histoire et à ses traces. Ils nous parlent du passé, du souvenir comme autant d’éléments mobiles, doués d’une identité variable et élastique et présentant les contours flous de la vérité et de la fiction, de l’oubli et de la mémoire. […] Le monument n’a pas disparu : en assumant d’autres formes, il se montre encore en transparence sur une scène secrète et cachée, recouvert d’un nouvel habit magique tissé d’interrogations et de doutes et non de vérités supposées. »

Extrait du texte de Costanza Paissan, commissaire de l’exposition, pour le dossier de presse.