Archive pour la catégorie ‘Le Deuxième Sexe – une note visuelle’

Atelier L’art en blog « C’est mon genre ! » – samedi 6 juillet 2013

 

J’ai fait une pose féminine : c’était une pose timide avec les mains. Elles étaient fermées devant mon ventre.
Ma deuxième pose était masculine : j’avais les deux mains dans les poches. Quatre doigts dans les poches et seulement les pouces qui dépassaient.
J’étais dans la peau d’un homme.
J’ai fait deux poses masculines et une pose féminine. J’ai mis ma main sur le cou et sur les hanches. Pour la deuxieme j’ai croisé mes bras et pour la troisième j’ai mis mes mains sur mes hanches.
J’ai mis ma main derrière le dos, c’est masculin et j’ai fait une grimace qui fait peur c’est aussi masculin.
J’ai fait une pose féminine fachée avec mes poings fermés sur les hanches. J’ai fait une pose masculine comme un cowboy et j’ai mis une main dans ma poche.
J’ai touché mes cheveux avec mes doigts pour être belle. J’ai mis ma main dans ma poche comme un cow boy.
J’ai fait une posture avec la main sur la tête, c’était une posture masculine.
L’autre était féminine, je l’ai inventée. Elle avait la main sur la tête : elle se recoiffait.

Atelier L’art en blog « C’est mon genre ! » – mercredi 3 juillet 2013

 

J’ai ressenti que j’étais énervée. J’avais les mains serrées sur ma tête.
On a fait les crâneurs et les crâneuses et montré des signes de repoussement.
J’en avais assez, je repoussais les autres personnes.
Sur la photo je suis une peste capricieuse, à la fois souriante, gentille, donnant  parfois des ordres.
Je fais ma crâneuse en mettant les doigts dans les cheveux. Je me sens séduisante.
Je rêve tous  les  jours. Je mets  ma  main  dans  les  cheveux  en  faisant  ma  crâneuse. Je rêve  pour  rien chaque  jour en  sachant que  ça  sert à rien.  Tous les  jours je rêve.
J’éprouve un soulagement le poing serré, la main en dessous.

 

Atelier L’art en blog « C’est mon genre ! »

Présentation par Cécile Rho, artiste intervenante à La Galerie :

À La Galerie, les œuvres des artistes de l’exposition « Le Deuxième Sexe – une note visuelle » nous poussent à prendre conscience de nos gestes et postures du quotidien. Les photographies issues de la série initiée par Marianne Wex sur le Langage « féminin » et « masculin » du corps – reflet de l’ordre patriarcal, faisant clairement apparaître des spécificités selon les genres, retiennent particulièrement notre attention. Les enfants sont invités à imiter les positions qui y sont répertoriées ou à en inventer d’autres, puis à mettre des mots dessus pour caractériser ce langage gestuel. Ces expérimentations donnent lieu à des prises de vue photographiques en cadrage serré.

À cette visite active fait suite un atelier d’écriture collaborative sur le blog, à la Médiathèque Roger-Gouhier. Une galerie de photographies est créée et les enfants sont invités à décrire leurs images, entremêlant leurs divers ressentis grâce au jeu d’écriture collective. Un nom loufoque est donné à chaque pose à l’aide d’un logiciel Internet, le « Protagotron », qui génère des archétypes masculins et féminins à partir de listes combinant un substantif et un qualificatif issus d’archétypes littéraires existants.

 

Ce projet s’est déroulé dans le cadre d’un atelier « L’art en blog », en partenariat entre La Galerie et la Médiathèque Roger-Gouhier les mercredi 3 et samedi 7 juillet 2013 avec des enfants de 8 à 12 ans, autour de l’exposition « Le Deuxième Sexe – une note visuelle » de Tobi Maier, curateur en résidence de 3 mois à La Galerie.

La dualité homme / femme : tout en nuances!

Cette exposition m’évoque l’idée d’une perpétuelle recherche d’équilibre entre les deux sexes car l’un est considéré comme faible, l’autre comme fort. Cette recherche, menée par le commissaire d’exposition Tobi Maier pour La Galerie, s’inscrit dans le temps et dans le cadre de notre société occidentale. Elle traite notamment de  la « révolution sexuelle » de la fin des années 1960 et du début des années 1970 en Europe. La dualité homme / femme est une constante universelle, ce qui ne la destine pas à rester immuable. En effet, il faut bien qu’elle évolue car l’être humain tend par son imperfection à toujours évoluer. Cette recherche d’équilibre est intéressante car elle est vivante et nuancée : c’est alors un bon sujet d’expression pour l’artiste, qu’il soit féminin ou masculin! La sensibilité accrue de l’artiste lui permet d’ être réceptif à tout ce qui a une charge émotionnelle et intellectuelle importante; ainsi il peut dans son travail suggérer une réponse à cette problématique homme / femme. La réponse qu’on pourra y déceler restera cependant propre à chacun et chacune d’entre-nous…

Le Deuxième Sexe © Cédrick Eymenier, 2013

La série de photographies de Marianne Wex, montrant des hommes et des femmes à travers plusieurs périodes de l’histoire et nous dévoilant leurs mœurs et coutumes à travers leurs postures est révélatrice de l’emprise décroissante des hommes sur les femmes. Elle révèle le vieillissement de la conception patriarcale de la société. Cela n’a pas toujours été le cas. J’ai également entendu dire qu’il y eut des sociétés matriarcales.

La mode est un indicateur intéressant. Les femmes portent des jeans depuis la fin des années 1960, ça ne se faisait pas auparavant. À l’opposé, la sensibilité des hommes s’affiche de plus en plus ouvertement. On a ainsi une évolution de l’image physique de la femme face à une évolution de l’image mentale de l’homme. La femme se « masculinise » et l’homme se « féminise ». L’évolution d’un des cotés accompagne le changement de l’autre. Ceci nous ramène à la notion de dualité qui nous éloigne et nous rapproche tout autant! L’idée principale reste celle d’une révolution plus active et visible chez la femme, et d’une révolution plus intérieure chez l’homme. Bien entendu, libre à chacun de trouver sa propre réponse!

Quelle tenue vestimentaire pour femme vais-je porter ?

Bienvenue a vous, chèr(es) publics, visiteurs de tout âges, pour cette nouvelle exposition  » Le Deuxième Sexe – une note visuelle « , du 25 mai au 13 juillet 2013 à La Galerie de Noisy-le-Sec. Voici une des œuvres exposées, d’Ilène Segalove :

Tous mes pantalons sauf ceux que je portais – devant / derrière (1974)

C’est l’histoire d’une jeune femme à moitié torse-nue, habillée d’un pantalon, dont l’autoportrait est vu de face et de dos avec, tout autour du corps, tous ses pantalons accrochés au mur. Une multitude de pantalons de toutes les couleurs!

Si vous regardez bien : sur la photographie de face se trouvent des pantalons auxquels il n’y a pas de plis (enfin presque…) et sur celle de dos, autour de la même personne dans l’autre sens, on voit les plissures des pantalons.

Retroactive / spective small talk

Probably the highlight of the exhibition in my opinion.

Quite an exceptionnel and mindboggling experience. Keyhole watching the conversation is really breathtaking.

A 62 year old woman speaking to herself when she was 22 in 1972. Or how to explain to yourself the evolution of the world and its consequences.

The conversation tries to convey present day change from a single viewpoint taking into account the 40 year time lapse.

What is dealt with is the small talk…woman to woman which is also the backbone of the programme and the conversation.

Without the small talk what is really left?

J’irai voir l’exposition

Je n’ai pas eu le temps d’aller à La Galerie, mais je viens de lire la brochure de la dernière exposition et à coup sûr je vais aller y faire un tour.
Je viens de visionner un documentaire sur la fusillade de l’école polytechnique de Montréal de 1989 où des femmes ont été tuées simplement parce qu’elles étaient des femmes et qu’elles voulaient accéder à des métiers réservés aux hommes jusque là (ingénieur!). Le tueur avant de tirer sur ses victimes leur avait dit qu’il haïssait les féministes.
C’était en 1989 et même s’il s’agit d’un acte isolé, il interroge la place de la femme dans la société et le rôle qu’on lui attribue.
Aujourd’hui la lutte des « Femen » nous renvoie à la même question.
Le féminisme n’est donc pas d’un autre âge et il a encore beaucoup de batailles à remporter avant qu’une égalité des sexes soient admise.
Cette exposition fait écho à tout cela et je vais également me replonger dans le livre de Simone de Beauvoir.

Rendez-vous 3.0 « Quels genres ? »

Présentation par Céline Laneres, chargée du jeune public et de la médiation à La Galerie :

L’exposition « Le Deuxième Sexe – une note visuelle » offre une lecture plastique des problématiques développées par Simone de Beauvoir dans son plus célèbre ouvrage. Trois artistes proposent un regard intime et concret sur la condition féminine et la question du genre, des années 60 à aujourd’hui.

Comment parler du féminisme aujourd’hui ? En atelier, nous commençons par un exercice de détente pour assumer nos préjugés avec humour. Des images d’animaux, d’objets, de légumes et autres machines et insectes de toutes sortes sont montrées l’une après l’autre et chacun doit sans réfléchir lui attribuer un genre, masculin ou féminin. Nous avouons ainsi les classements implicites des rôles attribués culturellement à chacun.

La deuxième étape de cet atelier consiste à interroger et à déconstruire ces préjugés en morcelant toutes ces images pour les reconstruire en les hybridant. Chaque participant choisit une image (provenant de magazines, du web ou de reproductions d’œuvres d’histoire de l’art)  de corps féminin ou masculin, naturel ou artificiel et le fusionne à des objets ou animaux. Ces collages donnent lieu à une redistribution virtuelle des rôles et à un questionnement sur la notion de genre.

Cet atelier s’est déroulé dans le cadre d’un partenariat entre La Galerie et la Médiathèque autour de l’exposition “Le Deuxième Sexe – une note visuelle », proposée par Tobi Maier, curateur en résidence, avec le Centre médico-psychologique de Noisy-le-Sec.

« Le Deuxième Sexe – une note visuelle » (25 mai au 13 juillet 2013)

Conçue par Tobi Maier, l’exposition « Le Deuxième Sexe – une note visuelle  » est un essai visuel inspiré du livre éponyme de Simone de Beauvoir, datant de 1949.  [...]

« Le Deuxième Sexe – Une note visuelle » présente les installations de trois femmes artistes couvrant une multiplicité de médiums : film, sculpture photographie, collage…

Initiés dans les années 1970, les travaux d’Anne-Mie van Kerckhoven, de Marianne Wex et d’Ilene Segalove peuvent être considérés comme autant d’émanations visuelles des idées issues de la deuxième vague du féminisme. Engagée à la fin des années 1960, la critique du patriarcat, du capitalisme, du rôle de la femme en tant qu’épouse et mère ainsi que celle des liens entre race, classe et oppression des femmes en constituait les thèmes centraux. Encore d’actualité, les idées portées par les œuvres de l’exposition font également écho à la troisième vague du féminisme, plus transversale, qui a débuté au milieu des années 1990 et s’est efforcée de déconstruire les notions de corps, de genre, de sexualité et d’hétéro-normativité.

En collaboration avec le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris, l’exposition présente une sélection de films issus des archives du Centre qui se composent de vidéos activistes – féministes, gays et lesbiennes – des années 1970, mais aussi d’œuvres plus récentes – documentaires, art vidéo, fictions et films expérimentaux, réalisés en France et à l’étranger.

Émilie Renard, directrice, extrait du dossier de presse.