Archive pour la catégorie ‘Coeur de silex’

Projet « Rituels partagés »

Présentation par Thibault Brébant, artiste intervenant à La Galerie :
« À l’école du Bauhaus, une fête marquait le début de chaque saison nouvelle : au printemps, on allumait des lampions, l’été était la fête du solstice, à l’automne, la fête des cerfs-volants et à Noël la fête des cadeaux. Chaque fois dans les ateliers, on travaillait ensemble à la préparation du grand événement. On développait des idées, même les plus extravagantes. Décors, masques, costumes, tout était improvisation, jeu et expérimentation dans ces rituels rythmant le fil des saisons.
Après avoir découvert l’exposition  »Cœur de silex » avec l’artiste Pauline Curnier Jardin à La Galerie, nous concevons et expérimentons nos propres rituels. Nous nous sommes réunis au parc de la Bergère à Noisy-le-Sec pour une initiation à la danse contact, une partie de football rocambolesque et un pique-nique. Lors de cette situation d’invention collective, nous testons les vêtements siamois que nous avons conçus lors d’ateliers en classe.

Si ces vêtements contraignent nos déplacements, ils produisent dans le même temps de nouvelles façons de se déplacer et nous ont permis d’être d’autant plus attentifs aux gestes de l’autre. »

Ce projet initié par La Galerie s’est déroulé en mai 2012 avec la classe de Seconde bac pro métiers de la mode et du vêtement du lycée d’enseignement professionnel Théodore Monod et la classe de CM2 de Stéphanie Razafinirina de l’école élémentaire Boissière.

Sur l’exposition coeur de silex

Nous avons été surpris par le « gant » sculpté avec des pierres plates, ainsi que des coquillages de mer. Une ligne était formée par des bracelets. Un os à moelle qui était posé sur le devant du gant.

Au sous-sol, des personnages étranges, avec des jeux de lumière, qui se trouvaient côte à côte, comme s’ils voulaient s’envoler avec des ailes communes.

Au fond, un personnage, peut-être une femme, qui avait des bottes noires, où l’on ne voyait pas ses jambes. On se serait cru tournant un film de science-fiction.

Collage réalisé pendant l'atelier "Chapeau tirelire & faces cachées" de Thibault Brebant autour de l'exposition "Cœur de silex"

le silex en 3D

Voici une exposition dans laquelle nous sommes plongé dans un univers particulier. La création à travers l ‘imagination à partir de la terre. Une roche de trois mètres de haut de silex découpée de façon naturelle. Que dire des œuvres suivantes ? Une sorte de coquillage avec sur lui plusieurs objets venant des milieux marins… Puis nous avons regardé un film qui se passait dans une sorte de grotte où des gens faisait des sortes de mimes dans l’espace de la grotte. Puis comme à chaque fin d’exposition, nous avons été convié à un atelier où nous devions réaliser des sortes de créations à partir d’objets qui étaient a notre disposition, libre à notre imagination.

Notre voyage

Moi et ma copine nous sommes allées à l’exposition « Cœur de silex » nous avons vu un gant où il y avait des coquillages, de l’os a moelle, des bijoux . Nous avons vu une boule où il y avait des cheveux. Deux queues de sirènes . Nous avons vu un tableau où il y avait des ananas collés. Nous avons vus un film où ont voit des villes de Noisy-le-Sec.

Oui on adoré parce que c’est amusant et drôle.

Coeur de silex

Alors que les expositions précédentes tournaient autour du travail d’un seul artiste, « Cœur de silex » regroupe des œuvres de différents artistes, invités par Pauline Curnier Jardin. Le titre renvoie à une hache biface du Néolithique, découverte à Noisy voilà une dizaine d’années ; cette découverte, et l’histoire parfois tourmentée de notre ville, servent de fil rouge à l’exposition.

Parce que plusieurs univers s’y côtoient, il est difficile de résumer « Cœur de silex ». J’en ai surtout retenu pour ma part l’étrange et fascinante Danse des bâtons de Karina Bisch, ainsi que le « gant » – impossible de l’appeler autrement – de Mme Curnier Jardin, étonnante concrétion d’allure presque fossile. Nous n’avons pu qu’entrevoir, faute de temps, le film Grotta Profunda de Mme Curnier Jardin, projeté dans le sous-sol de La Galerie.

Après l’exposition, nous avons participé à un atelier de création de figurines. Mon travail, je le crains, ne marquera sans doute pas l’histoire de l’art.

De tous les artistes que nous ayons rencontré, Mme Curnier Jardin est sans doute celle qui m’a paru le plus à l’aise avec les visiteurs. Elle parle très bien de son art – et de celui des autres.

 

 

Notre atelier Coeur de Silex

L’atelier « Hybridations d’objets », faisant suite à la visite de l’exposition « Cœur de Silex », consistait à donner une vie à un objet qu’on peut utiliser au quotidien.

Voici les différents étapes de la réalisation de la sirène ARIEL.

J’ai choisi de donner la vie à une brosse à cheveux, en utilisant du fil de laine pour les cheveux.

Sirène ARIEL

Ensuite j’ai utilisé du fil de fer pour créer les yeux sous la forme d’un relief, leur donner du volume et souligner l’importance du regard.

Pour la bouche j’ai utilisé du fil de métal plastifié pour créer une bouche entrouverte, où on peut voir les dents représentées par les pics de la brosse à cheveux.

Pour le corps j’ai utilisé du fil électrique pour les bras, j’ai donné du mouvement aux bras qui se balancent.

La structure minéralogique

Pauline est l’artiste qui nous a fait la visite de cette exposition et la première œuvre qu’elle nous a montré est cette structure d’un minéral de grande taille éclairée de l’intérieur. L’allusion qu’elle a faite à propos du film 2001, L’ Odyssée de l’Espace, en rapport à ce rectangle noir au début de l’histoire qui semble être, selon moi, une « entité créatrice », m’a marqué car cela reste mystérieux. Étant donné ma passion pour la science-fiction… D’ailleurs lorsqu’on a vu la peinture qui succédait à la première œuvre, je suis resté dans cette analyse un peu futuriste en parlant de la représentation d’une fusée. En tout cas des minéraux de cette taille sont sans doute rare, même si j’ai entendu parlé d’une grotte qui en contiendrait. Cette représentation a donc une part de réalité autant qu’elle donne le champ libre à différentes interprétations; en effet cette structure est une œuvre d’art à l’état brute : autrement dit la nature elle-même crée des choses que l’homme peut contempler, et qualifier comme étant de l’art.

Lacher prise…

Je suis assez cartésienne, aussi quand j’ai vu la première œuvre de l’exposition « Cœur de Silex », mon esprit y trouvait un sens, un silex rien de plus concret, un cœur de silex, froid, monochrome, rien de plus rationnel, je connais, je suis sur un terrain connu.

Mais plus je poursuivais la visite, plus je perdais pied, c’est quoi ce truc, ça ressemble à rien!!!, et de pièce en pièce c’était comme ça.

Pourquoi ce sentiment? c’est moi le problème, le problème c’est que je cherche une explication et une logique à tout et si je laissais mon cœur (pas celui qui est en silex), m’emporter…

Oui en lâchant prise, je me laissais porter par les œuvres et par la voix de l’artiste.

J’y suis, dans cette exposition c’est moi que j’ai trouvé.

Pourquoi vouloir tout comprendre, mieux vaut ressentir…

Effectivement, je comprends mieux l’intitulé de la première œuvre exposée « ceci n’est pas qu’un silex biface ».

 

Rendez-vous 3.0 « Hybridations d’objets »

Présentation par Céline Laneres, chargée de la médiation et des jeunes publics à La Galerie :

« Les objets qui nous entourent, ceux que l’on nomme « du quotidien », n’attirent pas l’attention. Pourtant dans l’exposition « Cœur de silex », les objets tiennent une place centrale. Si les objets étaient vivants, que feraient-ils, à quoi penseraient-ils, vivraient-ils ensemble ?

Ces questions bien légitimes, nous nous les posons ensemble, en atelier, en donnant à une série de petits objets toute l’apparence d’être vivants.

À partir du quotidien, il s’agit de créer des hybrides mi-êtres / mi-choses en utilisant des matériaux divers tels que de la laine, du fil métallique, des morceaux de tissu, de polystyrène ou de scotch. Ils sont nommés pour former un ensemble situé entre le cabinet de curiosité et une troupe de personnages de cirque ou de légende. »

Cet atelier s’est déroulé dans le cadre d’ateliers croisés entre La Galerie et la Médiathèque avec le Centre Médico-psychologique de Noisy-le-Sec autour de l’exposition « Cœur de silex ».

« Cœur de silex » (25 février – 21 avril 2012)

Dans le cadre de sa résidence à Noisy-le-Sec, Pauline Curnier Jardin propose à des artistes dont l’univers lui est proche de participer à une « exposition cabaret », mise en forme par l’équipe de La Galerie. Elle présente également les oeuvres produites pendant sa résidence de neuf mois à La Galerie, au sein desquelles le baroque rivalise avec le folklore, la performance côtoie le journal intime, faisant naître des histoires dans un véritable bouillonnement des formes.

Les artistes invités sont Karina Bisch, Das Dingbât, Rachel Garcia, Laura Gozlan, Elina Juopperi, Nina Lassila, Marie Losier, Maja Nilsen, Elisa Pône, Marie Proyart, Catriona Shaw et d’autres encore, sur les nombreux événements (concerts et performances).

« L’exposition  » Coeur de silex » a été pensée par Pauline Curnier Jardin en même temps qu’elle réalisait un film du même nom, inspiré par l’histoire enfouie de la ville. L’exhumation à Noisy-le-Sec au début du 20e siècle d’un silex biface du Paléolithique – hache enterrée jusqu’au moment de cette fouille – apparaît comme un signe prémonitoire du traumatisme causé par le bombardement du 18 avril 1944 sur la gare de triage par les alliés. Dans l’intervalle, la coïncidence veut qu’au lieu même où se trouve aujourd’hui le centre d’art, existait dans les années 30 un musée de la préhistoire où fut exposée la hache déterrée. (…)

Bienvenue dans la nébuleuse « Coeur de Silex », où l’accessoire se fait sculpture, l’installation se fait costume, la mise en scène se fait dessin, dans une confusion délibérée de formes transitoires. Où l’humain se mue en animal, végétal ou minéral mais parfois aussi en objet. Où l’archaïque croise le burlesque. Où les figures des avant-gardes, les films de séries B et les arts et traditions populaires se côtoient dans une  » dé-hiérarchisation » des genres. »

Extrait de l’introduction de Marianne Lanavère, directrice de La Galerie, pour le journal d’exposition