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Salina, les trois exils

abbey-gang

Laurent Gaudé

Actes Sud, 2018
[GAU]

Avec Salina, Laurent Gaudé renoue avec les fresques romanesques mythiques dont il a le secret. Excellent conteur, l’auteur nous emmène cette fois sur les traces de Salina, « la femme aux trois exils » à travers le récit qu’en fait son fils, Malaka, qui l’emporte vers sa dernière demeure… Salina, c’est avant tout l’histoire d’une vengeance ou plutôt la recherche de la justice. Il y a ici tous les ingrédients qui font la magie des grands romans : la légende ou le mythe, le charisme des personnages, leur volonté de se battre contre l’injustice et la cruauté, leur obstination à poursuivre leur destin malgré tous les obstacles, sans emphase mais toujours avec les mots justes. Cette précision dans l’écriture m’a toujours fascinée avec Laurent Gaudé et là encore dans ce roman, j’ai été happée par le récit dès les premières lignes. Les images sont très fortes au point que j’ai eu l’impression de voir les scènes ou le paysage,  de sentir  la poussière et le sang, de ressentir la magnificence et la mort, la douceur et l’âpreté dans un parfait équilibre. Pari réussi pour l’auteur  qui a transformé ici une de ses pièces de théâtre en roman court mais puissant !

Isabelle B.-C.

dispo




La fille de nulle part

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Frédric Brown

Rivages, 2008
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gérard de Chergé
[RP BRO]

Dépressif, George Weaver se voit contraint par son médecin de prendre des vacances forcées. Il décide de laisser sa famille et de partir au Nouveau Mexique pour s’y ressourcer. Là-bas, il retrouve par hasard un vieil ami photographe de presse spécialisé dans le judiciaire. Ce dernier l’emmène dans les bois, dans les environs de Taos, pour lui montrer une vieille maison de bois où le crime irrésolu de Jenny Ames, une jeune fille d’une petite vingtaine d’années, s’est déroulé huit ans auparavant. George est immédiatement séduit par la petite bicoque. Et, il décide sur les conseils de son ami d’enquêter sur la mort de Jenny pour en faire un papier et en retirer un peu d’argent. Ce que ne sait pas encore George, c’est que ce petit boulot va prendre bien plus d’ampleur qu’il n’y paraît et que cette affaire va vite tourner à l’obsession. Un roman en deux parties distinctes : dans l’une un homme sombre dans l’alcool, son vieux démon, et dans l’autre, un détective se prend d’une obsession pour une fille morte ou, dans le meilleur des cas, disparue. Une pépite du noir au même titre qu’un David Goodis avec un final qui laisse sans voix. Un polar alcoolisé.

François



Et toi tu t’y mets quand ?

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Myriam Levain

Flammarion, 2012
[LEV]

« Les femmes doivent être libres de faire leurs propres choix ».
Dans ce texte autobiographique, drôle, et riche en émotions, l’auteur nous plonge dans une expérience singulière, ultra-contemporaine : la congélation de ses ovocytes. Elle aborde le sujet de son aventure de PMA en France et à l’étranger dans un récit très émouvant. Un livre sincère et documenté sur la fertilité, la maternité, le couple et la famille, à la fois témoignage puissant et enquête sur l’injonction à la maternité.

Lynda

dispo




Walden

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Henry David Thoreau

Gallmeister, 2017
Traduit de l’anglais par Jacques Mailhos
[THO]

Certaines lectures nous invitent à la promenade, au dépaysement, à la réflexion. Walden fait partie de ces ouvrages déroutants, littéraires et inclassables. En 1845, Henry David Thoreau, décide de s’installer près de l’étang de Walden dans le Massachussetts à quelques kilomètres de Concord, la ville où il est né. De ses mains, il construit une cabane où il séjourne deux ans. Plutôt que de s’endetter en achetant une ferme, il préfére rester libre et autonome, vivant essentiellement de ses récoltes. Au fil des saisons, les changements observés, les différents états de l’étang, glace en hiver à la structure alvéolée en nid d’abeilles, en été ses reflets verts ou bleus selon le point de vue. Les visites de promeneurs, de pêcheurs ou de bûcherons rompent son isolement et lui-même se rend régulièrement à la ville pour compléter ses provisions et prendre des nouvelles du monde. Malgré la simplicité de son existence, il cultive son sens de l’hospitalité jusqu’à tolérer les animaux qui grignotent ses réserves. Il vit cette immersion en pleine nature comme une expérimentation lui permettant d’être en relation absolue avec ses sensations. La solitude lui apparaît relative et nécessaire. Mais est-il vraiment seul dans sa cabane ? Le feu le réchauffe et chaque matin, au moindre bruit, un lièvre détale sous ses pieds. L’homme a besoin de solitude pour ne pas se perdre, nous dit Thoreau. Il cite ces vers du poète anglais William Habington :
« Tournez votre regard en vous, et vous trouverez
En votre esprit mille régions encore
Non découvertes-Explorez les, et devenez
Expert en cosmogonie intérieure. »
Thoreau mettra sept ans à organiser ses écrits où s’expriment concomitamment un poète, un philosophe, un naturaliste, un pamphlétaire. Un grand livre qui nous ouvre des horizons : « Si vous avez bâti des châteaux dans les airs, votre œuvre ne sera pas perdue : c’est là que les châteaux doivent être. Posez maintenant sous eux leurs fondations. »

Marie-Jo

dispo