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L’Homme qui savait la langue des serpents

kivirahk-homme

Andrus Kivirähk

Traduit de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier
Le Tripode, 2013
[KIV]

Dans une Estonie imaginaire et médiévale tendance fantasy, Leemet, un jeune garçon vit avec sa famille et sa tribu dans une immense forêt. Ils conservent encore un mode de vie hérité de traditions ancestrales et se transmettent la maîtrise de la langue des serpents, une langue magique qui permet de se faire comprendre des serpents et de se faire obéir de la plupart des animaux, ce qui leur permet de vivre en carnivores sans avoir à chasser, car, en leur demandant poliment dans la langue des serpents, les animaux se soumettent volontiers aux hommes et se laissent abattre tranquillement, sans regimber. Et la vie passe tranquillement pour Leemet, avec son copain Partel et la jeune Hiie, entre leurs courses dans la forêt, leurs visites au serpent Ints et aux Anthropopithèques qui élèvent des poux géants (de la taille d’un chevreuil). Mais bientôt arrivent les hommes de fer, leur Dieu, leur village et leur pain, et la vie dans la forêt semble alors un anachronisme voué à disparaître… Andrus Kivirähk se gorge de l’imaginaire estonien (qui, je dois bien l’avouer, m’étais jusque-là assez étranger) pour construire ce qui pourrait s’apparenter à un récit de fantasy, mais en fait, pas vraiment. C’est plutôt la vie quotidienne dans un univers de fantasy qu’il nous propose avec une bonne dose d’humour et d’ironie. Et, bien, sûr, comme Andrus n’est pas une bûche, c’est notre monde et sa frénésie de la nouveauté qu’il évoque d’un ton sarcastique et, de fait, assez poilant. Et puis, ne nous voilons pas la face, lors des barbecues et autres apéros dînatoires propres à la saison estivale, vous serez le seul à partager votre nouvelle passion pour la littérature estonienne. Et ça, c’est pas rien ! Merci qui ?!?

Emmanuel

dispo




Salina, les trois exils

abbey-gang

Laurent Gaudé

Actes Sud, 2018
[GAU]

Avec Salina, Laurent Gaudé renoue avec les fresques romanesques mythiques dont il a le secret. Excellent conteur, l’auteur nous emmène cette fois sur les traces de Salina, « la femme aux trois exils » à travers le récit qu’en fait son fils, Malaka, qui l’emporte vers sa dernière demeure… Salina, c’est avant tout l’histoire d’une vengeance ou plutôt la recherche de la justice. Il y a ici tous les ingrédients qui font la magie des grands romans : la légende ou le mythe, le charisme des personnages, leur volonté de se battre contre l’injustice et la cruauté, leur obstination à poursuivre leur destin malgré tous les obstacles, sans emphase mais toujours avec les mots justes. Cette précision dans l’écriture m’a toujours fascinée avec Laurent Gaudé et là encore dans ce roman, j’ai été happée par le récit dès les premières lignes. Les images sont très fortes au point que j’ai eu l’impression de voir les scènes ou le paysage,  de sentir  la poussière et le sang, de ressentir la magnificence et la mort, la douceur et l’âpreté dans un parfait équilibre. Pari réussi pour l’auteur  qui a transformé ici une de ses pièces de théâtre en roman court mais puissant !

Isabelle B.-C.

dispo




Au jardin

au-jardinEmma Giuliani

Les Grandes Personnes, 2018
[635 GIU]

Au fil des saisons, Plume et Robin vous invitent à découvrir le jardin et ses merveilles. Ouvrez la porte du cabanon, prenez la fourche et apprenez à vous en servir. Un parcours savant plein de surprises sensorielles, une incitation à jardiner.

Marie-Jo



Six fourmis blanches

abbey-gang

Sandrine Collette

Le livre de poche, 2016
[RP COL]

Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq.

Dès la quatrième de couverture je savais que j’allais adorer ce roman qui sonne comme un Agatha Christie. Nous voici donc plongés dans les montagnes de l’Albanie, isolées, glacées et maudites. Deux narrations finiront par se retrouver. Celle de Mathias dont la profession ancestrale de sacrificateur consiste à apaiser les esprits en jetant des chèvres plusieurs dizaines de mètres plus bas avant les mariages et autres cérémonies locales. Et celle de cinq randonneurs français accompagnés de leur guide, partis pour un trek sauvage de quelques jours qui durera finalement un peu plus longtemps que prévu. Un très bon roman, à l’ambiance oppressante, que je vous conseille comme l’ensemble de l’œuvre de Sandrine Collette.

Barbara

dispo