
Eric Pessan
Albin Michel, 2010
[PES]
A la suite d’un incident de personne un train est immobilisé en rase campagne. Débute alors un échange entre deux voyageurs se transformant rapidement en monologue. Le narrateur anime des ateliers d’écriture et revient de Chypre. Las et fatigué il n’est pourtant pas pressé de rentrer chez lui. Habitué à écouter les autres il se met à parler un peu de lui mais surtout de ces personnes, abîmées par la vie, qu’il a rencontrées dans le cadre de son travail. De tragédies individuelles en tragédies mondiales, ce monologue donne lieu à des réflexions sur la guerre et ses ravages, la vie, la mort.
Il se dégage une grande force de ce roman et ce texte donne à réfléchir sur la condition humaine.
Caroline

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André Franquin
Dupuis, 1969
[BD FRA]
Dernier album de Spirou et Fantasio dessiné et scénarisé par Franquin, Panade à Champignac est surtout un des albums de BD les plus drôles jamais publiés. Franquin est alors dans une phase dépressive et, à la lecture de cet album, on peut encore se demander comment son éditeur a pu accepter qu’un de ses auteurs phare dézingue à ce point la série titre de son journal, à savoir Spirou. En fait, il ne l’accepta pas dans un premier temps et c’est probablement parce que Franquin ne lui laissa pas le choix que cela fut possible. Pour ceux qui ne connaissent pas ou peu la série, il faut savoir que le personnage de Spirou n’est pas une création de Franquin, mais de Rob-Vel en 1938. Franquin reprit la série après-guerre et on peut légitimement considérer que les meilleurs albums de la série lui appartiennent. Considérant que Franquin est un des plus grands auteurs de BD, je n’ai aucun mal à l’écrire. Mais revenons à notre album. A l’époque, Franquin est en pleine dépression, et il n’en peut plus de cette série. D’autre part, il souhaiterait ne se consacrer qu’à son personnage phare, Gaston Lagaffe. Alors, pour tirer sa révérence, un peu comme un adieu, Franquin a choisi de régler un peu ses comptes avec les personnages de cette série en les ridiculisant. Oh, à y bien regarder, il reste malgré tout bienveillant, on est encore loin des Idées noires qu’il publiera plus tard.
Mais il y a déjà des thèmes qui lui sont chers, notamment son aversion pour l’uniforme et les représentants de l’autorité.
Cet album contient deux histoires totalement indépendantes. Dans la première, nous retrouvons nos héros chez leur ami le comte de Champignac qui pouponne un autre personnage créé par Franquin, à savoir le grand Zorglub (pour en savoir plus il faut lire Z comme Zorglub et L’ombre du Z), ex-savant fou qui voulait dominer le monde mais qui suite à un accident se retrouve avec l’âge mental d’un bébé de 6 mois. Seulement, un des anciens soldats (nommés les zorglhommes) tente de le délivrer. Il s’ensuit alors une série de rebondissements plus hilarants les uns que les autres qui plonge le petit monde de Spirou dans un univers presque grotesque. J’avoue qu’enfant, à la lecture de cet album, je ne voyais pas trop où il voulait en venir. Ce n’est que plus tard que j’ai savouré avec un plaisir immense cet album d’une drôlerie rare, d’autant plus que l’histoire qui suit, Bravo les Brothers, l’est encore plus. Là, on change d’univers puisqu’on se retrouve à la rédaction du journal de Spirou avec le personnage culte de l’auteur, Gaston Lagaffe. Ce dernier a la riche idée d’offrir à un Fantasio limite dépressif (petit clin d’œil à lui-même sans doute) trois chimpanzés de cirque surdoués. Evidemment, c’est très vite le chaos à la rédaction car personne ne peut plus bosser avec ces singes qui alignent des numéros tous plus épatants les uns que les autres. Rapidement cela s’étend à la ville. On sent que Franquin s’est fait plaisir, lui que l’on pourrait qualifier d’anarchiste gentil. Tout est tourné en ridicule, et ça fait un bien incroyable car l’humour de Franquin était aussi très joyeux. Je ne peux finir sans insister sur le fait qu’il était aussi un très grand dessinateur, et que c’est un de ceux qui donnaient le plus de mouvement à ses dessins. C’est très visible ici, cela fourmille de vie, en particulier dans Bravo les Brothers qui nous rappelle également qu’il dessinait les animaux comme personne.
Fabrice

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Paola Calvetti
Presses de la Cité, 2010
Traduit de l’italien par Françoise Brun
[CAL]
Lucrezia est la fille d’un célèbre violoncelliste. A la mort de ce dernier, alors qu’elle fait le tri de ses affaires, elle trouve une boîte remplie de lettres écrites par une seule et même personne depuis des années : Cortanza. Dans le plus grand secret, cette femme avait une liaison amoureuse avec le musicien. Lucrezia décide de partir un week-end en Provence pour la rencontrer et en apprendre davantage sur son défunt père et cette relation secrète.
A travers ce très beau roman, l’auteur fait passer beaucoup d’émotions. Je vous invite à découvrir cette belle histoire pendant vos moments de détente.
Lynda

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