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La nuit du chasseur

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Davis Grubb

Folio, 2004
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guy Le Clech
[RP GRU]

Daltonien, Davis Grubb (1919-1980) est obligé d’abandonner son rêve de devenir artiste peintre et se consacre à l’écriture. Il écrit plusieurs nouvelles et romans dont les intrigues se déroulent dans l’Amérique rurale, thème qu’il affectionne particulièrement. Mais, on retient de lui un seul et magistral roman au suspense hallucinant, oscillant entre conte et thriller. Adapté au cinéma par Charles Laughton, dont ce sera également le seul film en tant que réalisateur, La nuit du chasseur est devenue un chef-d’œuvre mondial du cinéma (avec Robert Mitchum inoubliable dans le rôle du prêcheur). John, 9 ans, et Pearl, 5 ans, sont les seuls à savoir où se cache le magot que leur père a volé avant d’être pendu. Avant de mourir, ce dernier n’a pas su rester discret et a révélé l’existence de ce butin à son compagnon de cellule, le Prêcheur, homme se disant représentant de Dieu. A sa sortie de prison, armé de son charme manipulateur, de ses belles paroles et de ses mensonges, celui-ci entreprend de séduire la veuve et les enfants, dans le but de les faire parler. Du haut de ses neuf ans, le jeune John, qui a intuitivement compris le manège d’Harry Powell (le prêcheur), va devoir user de stratagèmes pour échapper au mal… Sous l’apparence d’un thriller angoissant, Davis Grubb nous fait vivre un conte moderne centré autour de John et du prêcheur, sorte d’ogre de conte de fée, où s’affrontent le bien et le mal.

Soraya

dispo




La quiche fatale

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M.C. Beaton

Albin Michel, 2016
Traduit de l’anglais par Esther Ménévis
[RP BEA]

Agatha Raisin, 53 ans, a décidé de partir à la retraite plus tôt que prévu pour s’installer dans un charmant cottage à deux heures de Londres. Elle a toujours vécu dans la capitale, où elle a mené une brillante carrière dans la communication. Depuis quelque temps, elle s’imagine avec délice goûter les joies de la campagne et des villages des Cotswolds. Lorsqu’enfin, elle met son rêve à exécution, déception ! Elle est bien obligée de s’avouer qu’il y a un gouffre entre ses fantasmes villageois et la réalité. Elle s’ennuie ferme ! Tout à coup, elle aperçoit une affiche annonçant un concours de quiches. Elle reprend du poil de la bête : elle va participer, gagner et deviendra importante aux yeux de ses voisins, ce qui facilitera son intégration. Elle ne sait absolument pas cuisiner, mais qu’à cela ne tienne : elle apportera au concours une délicieuse quiche aux épinards, sans préciser qu’elle a été achetée chez un traiteur de Londres.
Non seulement, Agatha ne gagnera pas le concours, mais, comme l’indique le titre, la quiche sera fatale. Je vous laisse découvrir l’intrigue pleine de rebondissements, menée avec vivacité. J’ai passé un moment vraiment délicieux avec cette première enquête d’Agatha Raisin, et je me réjouis de savoir que 26 autres volumes existent (pour le moment, Albin Michel en a publié une quinzaine). Je comprends pourquoi cette série a un énorme succès en Angleterre car on s’amuse beaucoup à suivre Agatha, personnage au demeurant pas très sympathique mais pourtant attachant. Elle est un peu mesquine, assez égoïste et plutôt mal élevée. Un roman idéal pour les vacances.

Marie-Christine



Nous avons arpenté un chemin caillouteux

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Sylvain Pattieu

Plein jour, 2017
[PAT]

Le dernier roman de Sylvain Pattieu raconte l’histoire vraie de Jean et Melvin McNair.
Dans la lignée des mouvements des droits civiques et des luttes pour défendre la cause des Noirs américains, ce couple va s’improviser pirate de l’air, et détourner le vol Détroit-Miami en juillet 1972. Le roman interroge la place des Noirs dans les années 70 aux Etats-Unis. Cette passerelle entre le quotidien semé d’oppressions sous toutes ses formes, et le moment du passage à l’acte. L’auteur prend le recul nécessaire et engage une posture de respect, de questionnement. Il s’intéresse au contexte, à l’environnement. Comment ce geste désespéré et dangereux a-t-il pu représenter une solution aux yeux de ce couple, un espoir et une fenêtre ouverte sur le monde ? Le texte ne fait pas l’apologie de ces actes, il témoigne, relate et tente de comprendre.
Il raconte aussi la réparation, car ce couple s’est en effet exilé en France dans les quartiers populaires de Caen et a engagé un travail de médiation et d’actions sociales dans le quotidien de ses habitants.
Sylvain Pattieu excelle une fois de plus dans le mélange des genres. Le récit est à la frontière entre le livre historique bien raconté et le roman bien documenté. Les personnages sont ici réels, ils apparaissaient déjà dans son dernier roman, Et que celui qui a soif, vienne : un roman de pirates sous la forme de fantômes.
Cette histoire est peu connue. Elle m’a touchée car elle est universelle, et qu’elle fait écho aux différents contextes de violences dans les quartiers populaires encore aujourd’hui en France et aux Etats-Unis. J’apprécie également la démarche très humaine de l’auteur de rendre hommage à ses personnages et à leurs parcours de vie.

Noemie

dispo




The hate u give

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Angie Thomas

Nathan jeunesse, 2018
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nathalie Bru
[THO]

Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police.
Pour échapper à la violence du quotidien, elle étudie dans un lycée huppé, hors des frontières du quartier, dans une banlieue chic. Et là, tous les matins, une nouvelle vie commence. Starr navigue entre ces deux mondes.
L’équilibre fragile qu’elle avait trouvé pour passer de l’un à l’autre vole en éclats le soir où Khalil, son ami d’enfance, est tué sous ses yeux par un policier. Le jeune homme n’était pas armé…
Vivre avec ça, quoi dire, défendre Khalil, se taire, expliquer, continuer… Starr ne sait plus comment faire, ne sait pas ce qu’elle doit faire.
Angie Thomas signe ici un très beau premier roman.
Elle expose sans fard et sans frime, des problématiques actuelles, ancrées profondément dans la société : le racisme, la pauvreté, la violence, l’engrenage infernal, les laissés-pour-compte. Et l’exercice lui va à ravir : elle s’adresse dans ce livre aux adolescents, sans rien édulcorer. Oui, ce livre est violent. Mais surtout ce livre est humain, plein de doutes et d’incertitudes.
Ce livre a été adapté au cinéma en 2018.

Nathalie

dispo