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Un homme presque parfait

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Richard Russo

10/18, 1995
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre, Josette Chicheportiche et Françoise Arnaud-Demir
[RUS]

À North Bath, station thermale en plein déclin, Sully, 60 ans, traîne la patte suite à un accident qui lui a amoché le genou. Il loge depuis vingt ans chez son ancienne institutrice, Miss Beryl, qui rêve encore du temps où la petite ville prospérait avec ses grands ormes. Mais aujourd’hui, son fils est plus enclin à spéculer avec avidité sur le nouveau projet d’implantation d’un parc d’attractions qui pourrait relever l’économie de North Bath que de penser à ces ormes aujourd’hui presque morts. Après un divorce et un fils qu’il n’a pas vu depuis près de trente ans, Sully vit de petits jobs que lui donne Carl Roebuck de Tip Top construction, dont la femme ne laisse pas le sexagénaire indifférent. À force de prendre des chemins de traverse, écrasée par un lourd souvenir, la vie de Sully semble être un énorme ratage, malgré son caractère et ses fidèles amis qui l’entourent, jusqu’au jour où son fils accompagné de son petit-fils qui est dans la crainte de tout, reviennent pour Thanksgiving. C’est peut-être l’occasion pour Sully de se créer une nouvelle vie et de rattraper le temps perdu.
Difficile de décrire un roman de Richard Russo tant il foisonne de personnages et de situations tous plus réels les uns que les autres. Dès la première page, on se retrouve très vite dans l’ambiance de la petite ville de North Bath si bien décrite et l’on regrette de la quitter le livre fini.

François

dispo





Le fantôme arménien

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Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuélos

Futuropolis, 2015
[BD AZU]

BD documentaire d’une grande force dans laquelle Christian Varoujan Artin, Français d’origine arménienne, entreprend son premier voyage sur la terre de ses ancêtres.
Administrateur du centre Aram (Centre pour la préservation de la mémoire et de la culture arménienne situé à Marseille) il est invité à Diyarbakır, dans le sud-est de la Turquie, pour participer à une exposition de photographies à l’occasion du 99ème anniversaire du génocide arménien.
Le voyage qu’il effectue avec sa femme Brigitte sur les traces de sa famille décimée est ponctué de rencontres avec des Arméniens qui leur racontent leur histoire.
Certains ont découvert seulement à l’âge adulte leurs racines arméniennes : sauvés enfants par des familles turques, ils ont été élevés dans la religion musulmane. D’autres familles ont dû renier leurs origines chrétiennes et arméniennes pour échapper à la mort.
Ce récit poignant est animé par le trait de pinceau très expressif de Thomas Azuélos et les couleurs à dominante verte, rouge et noire sont entrelacées de photos d’époque apportant du réalisme à la narration.
Ce trio de couleurs retranscrit la noirceur des événements qui ont pris place dans la première moitié du XXe siècle en Turquie, un retour 100 ans en arrière bouleversant.
À lire également, l’essai qui a inspiré cette BD : La Turquie et le fantôme arménien : sur les traces du génocide, de Laure Marchand et Guillaume Perrier, Actes Sud, 2013.
Ainsi que Le peuple invisible : sur la piste des Arméniens de Turquie, Milène Silem Karatas,
Thaddée, 2016.

Caroline

dispo





Zigzag

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Jean-Bernard Pouy et Marc Villard

Rivages, 2010
[RP POU]

L’idée de ce livre est amusante. Marc Villard a dressé une liste de dix thèmes qu’il traite de manière récurrente dans ses ouvrages et Jean-Bernard Pouy a fait de même. Ensuite chacun a écrit sur les sujets de l’autre sous forme de courtes nouvelles. Le résultat de cet exercice littéraire est détonnant, on sent que les auteurs ont pris beaucoup de plaisir à participer à l’élaboration de ces textes teintés d’une ambiance étrange et servis par un humour vif et grinçant. Ils se singent, se renvoient la balle, et donnent l’impression d’être deux escrimeurs qui s’affrontent avec facétie dans un combat où le fleuret serait remplacé par la plume. Au fil de la lecture je me suis amusé à essayer de deviner sur quel thème portait la nouvelle que je lisais et j’avoue que je suis souvent tombé à côté mais comme je suis bon joueur ça n’a pas altéré mon enthousiasme. Si vous voulez faire comme moi, deux options s’offrent à vous. Soit vous ne lisez pas la quatrième de couverture où apparaissent les vingt thèmes abordés et vous avancez à l’aveugle, ce que j’ai fait. Ça c’est la version difficile. Ou bien vous prenez connaissance des thèmes et essayez de les attribuer à la bonne nouvelle. Ça c’est la version facile. À vous de jouer ! Malgré la grande qualité de toutes les histoires, il y en a qui touchent plus que d’autres comme souvent dans les recueils de nouvelles. Étant fan de football et de street art (en particulier le tag et le graffiti) j’ai une tendresse toute particulière pour Le match de la dernière chance et L’envol du graph. Et vous ?

Grégory

dispo