Les années Spoutnik : l’intégrale
Classé dans: Bande dessinées, Lison Futé 2010.
Baru
Le penalty
C’est moi le chef !
Bip Bip !
Boncornards têtes-de-lard !
Casterman, 2009 (première édition entre 1999 et 2003)
[BD BAR]
Baru vient de recevoir le Grand prix de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Aussi ceux qui ne connaissent pas encore cet auteur de BD génial peuvent se poser la question de comment aborder son importante bibliographie. La réédition en 2009 de l’intégrale des Années Spoutnik (titres initialement parus entre 1999 et 2003) est une occasion rêvée de goûter la saveur de ces BD.
Les histoires prennent place durant les années 50 dans la ville de Sainte-Claire au cœur de la Lorraine natale de Baru. Igor, dit le Goret, qui a une dizaine d’années, raconte les tribulations de la jeunesse (jusqu’à quatorze ans car après on va à l’usine ou à la mine) dans cette cité sidérurgiste de l’Est de la France. Les jeunes sont organisés en deux « bandes » parce que de tout temps ça a toujours été la guerre entre la bande des « Par-en-haut » et celle des « Par-en-bas » et l’essentiel des activités tourne autour de la rivalité entre elles deux : matchs de football, bagarres… et des règles qui régissent la structuration des bandes.
Pourtant derrière cette véritable Guerre des boutons bon enfant retranscrite dans la Lorraine ouvrière à la fin des années 50, apparaissent aussi des préoccupations bien moins futiles : guerre d’Algérie, fermeture des usines…
Ce qu’il y a de génial dans l’œuvre de Baru, c’est qu’il ne se contente pas de décrire la pauvreté, les tensions entre les différentes communautés qui composent la population ouvrière et l’inévitable catastrophe sociale qui commence avec l’abandon de l’activité industrielle. Cette BD tourne surtout autour du thème de la camaraderie : celle des enfants mais aussi celle des travailleurs, omniprésente à l’époque au sein de la classe ouvrière.
Les années Spoutnik font rire (les tentatives du curé pour limiter l’influence des communistes sont aussi hilarantes que celles de Don Camillo) mais surtout elles réveillent un sentiment de nostalgie d’une époque où la solidarité est l’arme choisie par la classe ouvrière pour faire front contre l’adversité.

