Belle du Seigneur

Classé dans: Lison Futé 2005, Mon Lison Futé préféré, Romans français.

cohen

Albert Cohen

Gallimard (Folio), 1968
(1988 pour la présente édition)
[COH]

On renoncerait volontiers devant l’épaisseur de l’œuvre (1 109 pages). Excepté l’incontestable avantage pratique d’emporter un seul livre en vacances, pourquoi se risquerait-on à se lancer dans un tel pavé ? C’est juste que Belle du Seigneur est l’un des plus grands romans d’amour du 20ème siècle.
Solal, « beau à vomir », cherche à séduire Ariane d’Auble. Déguisé en vieux Juif, pauvre et laid, il s’introduit chez Ariane. Naturellement, la belle rejette l’être repoussant. Première leçon : l’amour ne tient qu’à trente-deux dents bien blanches, bien alignées, et cent quatre-vingts centimètres de viande. Puisqu’elle a refusé l’amour pur et désintéressé, Solal promet à Ariane de la séduire en deux heures, par les moyens ridicules qui font tomber toutes les femmes « en grand imbécile amour »…
Nous aussi, on se laisse piéger par la justesse de l’écriture, de ce regard acerbe sur l’amour –le manège de la séduction, les dessous de la passion, les stratagèmes pour la faire durer, et le lent travail de l’ennui, du quotidien, du temps qui mine le couple. Mais ce qui tient aussi le lecteur en haleine, c’est le style d’Albert Cohen qui épouse si bien les personnages, les divagations d’Ariane dans son bain, l’arrivisme et la paresse du mari, les calculs de la belle-mère obsédée par les convenances et les relations…
C’est drôle, juste, bien écrit.
Au fait… Belle du Seigneur, ce n’est pas seulement l’un des plus grands romans d’amour du 20ème siècle : c’est l’un des plus grands romans tout court.

Marion

dispo

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