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Les lances du crépuscule

Classé dans: Documentaires, Lison Futé 2004.

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Philippe Descola

Plon (Terre humaine), 1993
[980 DES]

Philippe Descola est philosophe, anthropologue, directeur du laboratoire d’anthropologie sociale et professeur au Collège de France. Il est le seul anthropologue à avoir eu l’audace d’introduire faune et flore dans cette discipline, qui, centrée sur le genre humain, les ignorait jusqu’ici. La séparation entre nature (les plantes et les animaux) et culture (l’homme), lui a toujours semblé suspecte. Il interroge le système occidental, souvent seul référent, qui fait de l’homme le maître d’un dispositif ” naturel ” inextinguible, en toute bonne conscience technologique. L’homme procède depuis des millénaires à une mise au pas complète de la planète jusque dans ses réserves ou parcs dits naturels, jusque dans le domaine de la reproduction qui devient technologique, assistée. La conséquence paradoxale de cette appropriation du monde est que la ” nature ” n’existe plus.
Les lances du crépuscule est le récit de trois années passées par l’anthropologue et sa femme auprès des Achuar, un peuple de Haute Amazonie.
“On ne peut pas dire qu’ils sont proches de la nature, puisqu’ils ne se distinguent pas d’elle et confèrent aux plantes et aux animaux les attributs de la vie sociale, les considérant non pas comme des objets mais comme des sujets, dont la dignité est égale à la leur.
Les Achuar vivent leur destinée personnelle sans le secours d’une transcendance divine ou historique. L’individu chez eux, n’est pas déterminé par un principe supérieur et extérieur, il n’est pas agi par des mouvements collectifs de vaste ampleur et de longue durée dont il n’a pas conscience, il n’est pas défini dans sa position par une hiérarchie sociale complexe qui donnerait un sens à sa vie selon la place où le hasard l’a fait naître.”
Le va-et-vient entre nous et les autres, les autres et nous, entre identification et altérité, occasionné là par l’expérience ethnographique relatée est passionnant. Evidemment pas question de vivre soudain comme un Indien ou d’être dans une sorte d’idiote fascination, l’ethnologie n’offre pas un recueil de modes de vie alternatifs mais la possibilité de repenser en quoi la manière d’être en société présente de multiples combinaisons, de repenser là que la condition d’être au monde est partagée.
Bon voyage kakaram (homme valeureux en jivaro/achuar).

Isabelle G.

dispo

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