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Le square

Classé dans: Classiques, France, Lison Futé 2004.

duras-square

Marguerite Duras

Gallimard (Folio), 1983
[DUR]

Il est quatre heures, c’est presque l’été, on est dans un square parisien. Une jeune fille, domestique, et un homme, petit voyageur de commerce, sont assis l’un à côté de l’autre sur un banc, ils parlent. Ils parlent de l’essentiel de leurs vies et de leur condition.
La jeune fille n’a pas du tout commencé à vivre, elle n’existe pas, elle le crie tout au long du livre. Lui est un homme sans espoir, il n’en a jamais eu, dit-il, mais il a du plaisir à vivre, à l’encontre d’elle, qui ne sait pas ce que c’est que d’avoir du plaisir à vivre.
A propos de ce livre, Marguerite Duras dit : “Je crois n’avoir rien inventé dans ce livre, surtout quant à la jeune fille, je crois qu’il y a des millions de femmes dans le monde qui sont dans cet état-là, infamant, au service presque corporel des autres et que cette jeune fille qui n’existe pas, qui n’est personne et tout le monde à la fois, enfin toutes ces femmes, ne fait qu’exprimer un sentiment général d’une attente abominable et insupportable qui ne laisse aucune marge au moindre plaisir de vivre, je veux dire, à la moindre même liberté.”
Ecrit en 1955, ce livre est d’aujourd’hui aussi.
Evidemment, bien qu’il dise le violent désarroi qu’il y a à vivre une existence misérable dans une injustice totale et inchangée, ce texte ne peut être réduit à une expression documentaire.
Ses qualités littéraires, sa tendance à l’abstraction, sont toujours en tension avec son acuité politique et sociale.
“-Monsieur, dites-moi ce que vous faites en dehors du matin.
-Je vends mes objets, puis je mange, puis je voyage, puis je lis les journaux. Les journaux me distraient à un point extraordinaire, je lis tout, y compris les réclames. Quand j’ai fini un journal, il faut que je me souvienne, je ne sais plus très bien qui je suis, tellement je reste absorbé.
-Mais je le disais encore en ce sens aussi : que faites-vous en dehors du matin, de la vente de vos objets, des trains, de manger, de dormir, de lire les journaux, que faites-vous qui ne se voie pas faire, je veux dire qu’on n’a pas l’air de faire et que l’on fait cependant ?”

Isabelle G.

dispo

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