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London Blues

Classé dans: Lison Futé 2003, Romans d'ailleurs, Romans policiers.

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Anthony Frewin

Seuil (Points), 2001
Traduit de l’anglais par Sylviane Lamoine
[RP FRE]

Alors qu’il est en train de visionner La Loi du Milieu, polar britannique mythique des années soixante, le film est interrompu par un ” blue-movie “, film porno amateur et clandestin (la pornographie est toujours interdite au pays de sa Majesté !) datant de la même époque et intitulé : Surprise par son petit ami. Ce film met le narrateur sur la piste de Tim Purdom, réalisateur du film en question qui tourna huit films en caméra super 8 du même acabit avant de disparaître, alors qu’il semblait mêlé à l’affaire Profumo. Une affaire qui ébranla la Couronne et provoqua la chute du gouvernement britannique de l’époque.
Le récit est en trois parties. La première met en scène le narrateur et le début de ses recherches sur Tim Purdom ; la deuxième, le corps du texte, est le journal de Tim, soit près de trois cents pages dans le swinging London, ses minijupes, ses mi-chaussettes, l’apogée de Cliff Richards et l’émergence des Beatles. L’épilogue revient au narrateur…
Anthony Frewin, qui fut assistant réalisateur de Stanley Kubrick, tient son stylo comme une caméra. On VOIT le Londres working class du début des sixties, les apparts miteux ; à ce titre, la description de la piaule de Tim par l’occupant est un grand moment, une preuve qu’on peut faire une description qui ne donne pas envie de fermer un bouquin, mais au contraire, de continuer à le lire ! On VOIT les films de Purdom, ces parties un peu glauques où la gentry se dévergonde dans les bas-fonds, ces pin-up sur le retour qui posent en se limant les ongles…
Un peu déroutant dans la première partie, où il est découpé comme un scénario, en séquences descriptives puis en séquences de dialogues, le roman prend son rythme, et puis d’un seul coup, on ne peut plus le lâcher. Pas seulement à cause de l’histoire et de l’arrière-plan historique, de Tim, anti-héros attachant, ou de ses exploits cinématographiques, mais surtout parce que Anthony Frewin a réussi à écrire un long blues, un livre prenant et nostalgique, fascinant et désabusé.

Emmanuel

dispo

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