Le nazi et le barbier
Classé dans: Lison Futé 2011, Romans étrangers.
Edgar Hilsenrath
Attila, 2010
Traduit de l’allemand par Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb
[HIL]
Max Schultz, aryen pur souche, grandit avec Itzig Filkenstein, fils d’un barbier juif. En 1932, il assiste à un discours d’Hitler et s’enrôle dans les S.A. Il connaît une ascension fulgurante jusqu’à devenir responsable d’un camp d’extermination en Pologne où périt toute la famille de son ami juif. Après-guerre, Max Schultz est déclaré criminel de guerre. Qu’à cela ne tienne, il usurpe l’identité d’Itzig avec la même ferveur que l’uniforme SS autrefois, apprend l’hébreu, part en Palestine, s’installe dans un kibboutz et devient sioniste fanatique. Raconté par n’importe qui, cette histoire aurait sans doute été illisible ou insupportable. Mais voilà, c’est Edgar Hisenrath qui s’y attèle et son écriture maîtrise tout autant les ressorts de l’horreur que ceux de la farce loufoque. Publié aux Etats-Unis en 1971, Le Nazi et le barbier y a connu un succès immédiat. Il aura fallu attendre dix ans de plus pour qu’il soit publié en Allemagne où le roman rencontre un succès polémique. En 2010, c’est la petite maison d’édition Attila qui a permis aux lecteurs français de découvrir ce qui s’impose comme un classique incontournable. Choisir ainsi l’humour noir et faire de la vie d’un bourreau SS une épopée picaresque a de quoi déconcerter plus d’un lecteur. Alors, ce roman ne fera peut être pas l’unanimité mais pour ceux qui adhèreront : quelle découverte !

