Lison Futé 2019 est arrivé !

  • À propos
  • Archives web
  • Conseils de lecture sur le Web
  • Ecrivez-nous
  • Mon Lison futé préféré
  • Téléchargements

Les soleils des independances

Classé dans: France, Lison Futé 2004.

kourouma-soleil-des-independances

Ahmadou Kourouma

Seuil, 1970
[KOU]

Années1960, l’Afrique connaît une vague de décolonisation. La Côte d’Ivoire accède enfin à son indépendance. Les Ivoiriens prennent leur destinée en main. Les nouveaux gouvernants promulguent une constitution qui leur donne les pleins pouvoirs et qu’ils imposent par la violence. Pour le peuple ivoirien, tous les espoirs placés dans une Côte d’Ivoire nouvelle et indépendante s’envolent.
A l’exemple de Fama “dernier et légitime descendant des princes Doumbouya du Horodougou” qui, après avoir lutté contre le pouvoir des colons, pensait être récompensé de ses efforts. Il se lance dans la politique. Malheur à lui. Il est arrêté et envoyé dans un camp où il va connaître une descente aux enfers.
Dans ce camp sans nom ” [...]les plafonniers restaient constamment allumés et on ignorait quand venait le matin et quand commençait le soir ; on y subissait la torture ; on y respirait la puanteur ; le ventre y sillait la faim ; la mort de temps en temps y retentissait et parfois aussi les éclats de rire des geôliers vidant leurs bouteilles d’alcool…”
De la violence il en est encore question dans ce roman. De cette violence que subissent les femmes au nom des rites et des coutumes. De cette violence que l’ont dit culturelle. De cette violence vécue par Salimata la nuit de son excision. Cette nuit qui la marquera à jamais. Salimata se souvient : ” [...] le rassemblement des filles dans la nuit, la marche à la file indienne. Dans la forêt, [...] , l’arrivée au champ de l’excision. Elle revoyait chaque fille à tour de rôle dénouer et jeter le pagne, s’asseoir sur une poterie retournée, et l’exciseuse, la femme du forgeron, la grande sorcière, avancer, sortir le couteau à la lame recourbée…”
Ce premier livre, Kourouma l’a écrit pour ses copains : “mes camarades ont été mis en prison et j’ai voulu écrire pour les défendre”. Il témoigne de la douloureuse et sanglante histoire de son pays.
Avec ce livre, il a été l’un des premiers à assurer la transition entre la littérature critique à l’égard de la colonisation et celle qui remet en cause et qui dénonce les pouvoirs issus de la décolonisation.
L’utilisation tout au long du roman d’expressions et de proverbes malinké confère au livre une originalité et une richesse bien particulière.
Kourouma nous a quitté en décembre 2003. Il reste un témoin courageux d’une histoire révoltante, et malheureusement encore actuelle

Mohamed

dispo

Laisser une Réponse