Zola Jackson
Classé dans: Français, Lison Futé 2011.
Gilles Leroy
Mercure de France, 2009
[LER]
Août 2005, l’ouragan Katrina s’abat sur la Nouvelle Orléans. Les digues cèdent et bien évidemment, les quartiers les plus modestes et les populations noires sont les plus touchés.
Les cadavres flottent, les caméras filment, beaucoup d’habitants attendent les secours ou tentent de fuir, mais Zola Jackson, elle, décide de rester chez elle avec sa chienne.
Au fur et à mesure que l’eau monte, Zola Jackson, têtue, s’organise pour sa survie, se réfugie au premier étage, puis au grenier…
Le récit, à la première personne, mêle les souvenirs de Zola, des rêveries aussi, et sa lutte au quotidien. L’écriture est heurtée : d’un paragraphe à l’autre on est dans ces jours de déluge en 2005, on est dix ans plus tôt, on est, on ne sait plus trop quand, embués dans les vapeurs d’une mauvaise bière, accablés par la canicule. Le lecteur suit les souvenirs de cette femme aux prises avec le deuil, les regrets, la culpabilité de la mort de son fils, son obstination à défier le destin.
Quelle écriture incroyable que celle de Gilles Leroy, fluide et tranchante à la fois. Le roman ne fait même pas 150 pages et pourtant, on en sort comme d’une vaste fresque, certain d’avoir découvert une grande héroïne de la littérature.

