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L’Equilibre du monde

Classé dans: Lison Futé 2014, Romans d'ailleurs.

mistry

Rohinton Mistry

Le livre de poche, 2001
Traduit de l’anglais (Inde) par Françoise Adelstain
[MIS]

Bienvenue en Inde, si vraie, si cruelle, si misérable, et si belle.
Voici l’Odyssée des années 70 à la fin des années 80 de quatre personnages très différents qui se croisent sur fond de mutation politique et sociale.
Il y a tout d’abord Dina, une veuve de classe moyenne, plutôt froide et antipathique, contrainte pour ne pas dépendre financièrement de son frère de confectionner des vêtements dans son petit logis et d’héberger un hôte payant, Maneck, un étudiant venu d’une province reculée.
Pour venir à bout de ses commandes elle se voit rapidement dans l’obligation d’employer à domicile deux tailleurs de la caste des Intouchables, la lie de l’humanité pour les Indiens, et de partager son quotidien avec tout ce beau monde. C’est ici que nous faisons la connaissance
d’Ishwar et Omprakash, oncle et neveu, tanneurs de père en fils à l’origine, mais ayant décidé contre toutes les traditions et convenances de quitter leur village et de devenir tailleurs. Dans la plus grande pauvreté, méprisés de par leur caste et rejetés pour avoir voulu s’en extraire, ils vivent des aventures quelquefois cocasses mais souvent absolument effroyables, et croisent la route d’une multitude de personnages hauts en couleur, comme Shankar, l’un de ces mendiants à roulettes, Rajaram le ramasseur de cheveux ou le mystérieux Roi des Mendiants. A travers eux, c’est l’Inde toute entière que nous découvrons, tandis qu’Indira Gandhi tyrannise le pays et instaure une campagne de stérilisation forcée sur fond de corruption et d’injustice permanente. Ils subissent mais sans jamais se plaindre, ils vont de l’avant, ils ne sont ni héroïques ni mêmes courageux, ils font avec les cartes qu’ils reçoivent.
Tout est abominable dans ce récit, mais l’auteur, lui-même d’origine indienne, nous raconte les faits, sans misérabilisme ni bons sentiments. Les choses sont ce qu’elles sont, c’est ainsi. Cela peut sembler terriblement pessimiste, la fin est d’ailleurs d’une noirceur absolue, et pourtant à chaque page on découvre un pays vibrant et magique, on perçoit les odeurs, les couleurs, la bonté derrière la sournoiserie, la philosophie profonde des gens qui n’ont finalement rien d’autre.
Il s’agit d’un roman comme on en lit peu dans sa vie, de ceux qui laissent une véritable trace une fois refermé. J’ai même beaucoup hésité à l’inclure dans Lison Futé tant je ne savais par quel bout commencer pour tenter de vous donner l’envie de le lire.
C’est un vrai coup de cœur, qu’on a beaucoup de mal à reposer une fois commencé, un roman à la fois sombre et lumineux, et profondément attachant.

Barbara

dispo


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