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Nuage

Classé dans: Documentaires, Lison Futé 2009.

nabe

Marc-Edouard Nabe

Le dilettante, 1993 (réed. 2009)
(première parution en 1993)
[781.65 REI]

C’est plus fort que moi. Dès que le printemps revient (comme dirait Hugo Frais) je me remets à Django. Non pas que sa musique ne supporte pas l’hiver, mais elle est plus à sa place au volant d’une 2CV (ou d’une Dauphine, si vous avez les moyens, voire d’une traction) qui roule dans la campagne lors des premiers beaux jours. Elle est aussi à l’aise l’été, décapotée - la 2CV, pour le reste, c’est pas sérieux - avec les papillons et le vent dans les blés. C’est une musique solaire. Django a inventé le jazz français.
Pas seulement l’impasse du jazz manouche. Non, le jazz français. Jusque là, seuls les accordéonistes se préoccupaient de jazz.
La chanson française était empêtrée, comme toujours, entre l’opérette et le comique troupier. Jean Sablon croonait à l’américaine - avec un microphone, s’il vous plaît - mais il était bien le seul. D’ailleurs, il mit le pied à l’étrier à Django. C’est normal qu’il ait commencé dans le musette : il n’y avait que là que le jazz existait un tant soit peu. Et puis il a découvert Armstrong et tout s’est éclairé !
Marc Edouard Nabe est souvent décrié, il a dû écrire des trucs pas bien, des trucs qu’on peut pas répéter en soirée sans passer pour un sale type. Je n’en sais rien. Je ne les ai pas lus. Mais ce texte là, qui se lit d’une traite, une petite soixantaine de pages qui se lisent aussi vite que cette notice, ce texte, donc, est peut-être ce qui s’est écrit de mieux sur le gitan aux doigts malades (avec le texte d’Yves Salgues, paru dans Jazz Magazine en 1958, jamais édité mais disponible sur pleins de sites consacrés au manouche swinguant). C’est à la fois concis et lyrique, renseigné et pourtant ça ne croule pas sous les références, c’est en équilibre, c’est presque du jazz littéraire, un long chorus maîtrisé sur Django. Le final (plutôt que la fin), les deux dernières pages, commençant par « Et si Django était mort d’amour » (mis en musique récemment par les ineffables Primitifs du futur où il est lu par Pierre Barouh) est simplement bouleversant. On finit les larmes aux yeux. On se remet Minor Swing, ou Nuages. Et c’est reparti !

Emmanuel T.

dispo

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