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Anatomie d’un soldat

Classé dans: Lison Futé 2017, Romans d'ailleurs.

parker-anatomie

Harry Parker

Bourgois, 2016
Traduit de l’anglais par Christine Laferrière
[PAR]

Premier roman d’Harry Parker, Anatomie d’un soldat est un livre atypique de par son contenu et sa construction. Le personnage principal, Tom Barnes, capitaine de l’armée britannique est envoyé dans une zone de conflit intense (Irak ? Afghanistan ?) où, lors d’une patrouille avec son unité, il saute sur un engin explosif et perd ses deux jambes. Et là, vous vous dites : « Mais il veut me plomber mon été, celui-là, avec ses histoires morbides et déprimantes. » Et bien vous avez tout faux. Premièrement, rien ne vous oblige à le lire en été et, deuxièmement, la façon dont est traité le sujet vaut le détour et fait apparaître dans tout ce chaos une bonne dose d’humanité. Pendant 406 pages, les histoires de ce soldat et de bien d’autres personnages nous sont racontées tour à tour par les objets qui jalonnent leur quotidien. Les chapitres s’enchaînent, chacun dédié à la vision de l’histoire par un de ces objets pouvant être un sac d’engrais, un rasoir ou bien encore une pile électrique. L’habile construction du récit nous transporte entre l’avant, le pendant, et l’après-accident. Les différents angles de vue font apparaître peu à peu le Capitaine Barnes sous toutes ses coutures. Au départ assez déroutant, ce procédé nous plonge rapidement dans une immersion décentrée (je sais, moi aussi je trouve ça un peu étrange et pompeux…). En gros on est parfois plongé au cœur d’une scène mais avec la distance du regard de l’objet sur l’action principale (je sais moi aussi je trouve ça un peu étrange et pompeux…). Pour ne rien vous cacher, et vous vous en doutez, il y a des chapitres qui fonctionnent mieux que d’autres, mais l’ensemble reste très efficace. Pour finir, il faut rendre hommage à l’auteur pour le recul incroyable de son regard sur ce conflit armé. Celui-ci aurait pu tomber dans une écriture partisane et rancunière, ayant lui-même sauté sur une mine en Afghanistan en 2009 alors qu’il était soldat, mais il n’en est rien. Ça y est, vous la voyez apparaître, la bonne dose d’humanité ?

Grégory

dispo


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