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L’Astragale

Classé dans: Bandes dessinées, Lison Futé 2018.

pandolfo-astragale

Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg

Sarbacane, 2014
[BD RIS]

C’est une double découverte, celle du roman initial d’Albertine Sarrazin, paru en 1965 chez Pauvert, et celle de deux jeunes auteurs : Pandolfo et Risbjerg qui reprennent le titre L’Astragale.
Albertine disparue, Le Temps retrouvé… malgré les pertes et les retrouvailles, rien à voir avec Proust en réalité, à part une certaine poésie. Cette Albertine-ci vit dans les années 50, elle est en cavale au tout début du roman (La Cavale est d’ailleurs le titre du premier roman autobiographique d’Albertine Sarrazin, sorti en 1965 également). Albertine a alors 16 ans. C’est une enfant à la Piaf, ou à la Arletty, une enfant d’Algérie qui a connu la misère des pensionnats, à la suite d’un viol par un membre de sa famille d’adoption, qui a participé à de petits casses et connu la prison. Elle s’en échappe en se cassant la patte, l’astragale, ce petit os du pied au nom d’oiseau ou de fleur.
Elle est sauvée par Julien, lui aussi en délicatesse avec la police. Il la cache dans différents foyers glauques. S’en suit une histoire d’amour compliquée, à rebondissements, pleine d’attentes, de pertes et de retrouvailles, tout comme la vie - très courte - d’Albertine Sarrazin.
La bande dessinée est graphiquement magnifique, tout en noirs intenses, avec de grands à-plats, tout en blancs, à la Baudoin, avec la violence d’un Mattoti qui n’aurait conservé qu’un bleu nuit.
Des visages sans bouche bien souvent pour des personnages à qui la parole est peu fréquemment donnée ; des yeux qui disent toutes les émotions. Cette histoire est très attachante, un polar cinématographique ; on comprend aisément l’engouement tendre de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert pour les trois textes d’Albertine Sarrazin (le dernier texte La Traversière publié en 1967). Patti Smith voue une admiration quasi amoureuse à cette jeune auteure non conformiste, à qui elle doit toute sa propre poésie de jeunesse, et qui n’a pas connu mai 68.

Isabelle d’A.

dispo


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