Le Dieu des Petits Riens
Classé dans: Lison Futé 2006, Mon Lison Futé préféré, Romans étrangers.
Arundhati Roy
Gallimard, 1997
Traduit de l’anglais (Inde) par Claude Demanuelli
[ROY]
Les raisons ne manquent pas pour vous recommander la lecture du Dieu des Petits Riens : son auteur, Arundhati Roy est, en plus d’une romancière indienne talentueuse, couronnée de nombreux Prix littéraires (Booker Prize en 1997, médaille du Chevalier des Arts et des Lettres en 2001, et Grand Prix de l’Académie Universelle des Cultures en 2001), une figure majeure de l’altermondialisme, qui s’est illustrée dans la défense des minorités et des populations les plus défavorisées. Le Dieu des Petits Riens traduit cet engagement en dévoilant les inégalités de caste et de sexe qui continuent de miner la société indienne. Mais surtout, c’est un roman magnifique, tant du point de vue de l’histoire et de la composition (qui agence ses pièces comme un puzzle et met le lecteur en haleine), que de l’écriture, superbement maîtrisée, aux métaphores toujours saisissantes, et de la caractérisation des personnages, attachants et hauts en couleurs. Le récit suit l’itinéraire de Rahel et Estha, deux jumeaux de huit ans, autour desquels se compose la famille Kochama : la grand-mère Mammachi, ex-violoniste devenue PDG d’une entreprise de confitures, l’oncle Chacko, coureur de jupons qui s’adonne au marxisme à ses heures perdues, la grand-tante Baby Kochama, chrétienne puritaine et aigrie, et la tendre Ammu, mère des jumeaux, qui retourne au village d’Ayemenem après son divorce. Happé par un texte drôle et émouvant qui emprunte le regard enfantin des deux protagonistes, le lecteur effeuille l’histoire familiale, pour découvrir peu à peu le drame qui se cache en son cœur.


