Le Dernier Contingent
Classé dans: Français, Lison Futé 2012.
Alain Julien Rudefoucauld
Tristram, 2012
[RUD]
Ça va vite dans ce livre, ça claque : les mots, les coups, la vie. Pas de répit, pas de cadeau. Ce n’est pas un livre reposant, plutôt éprouvant car on est au plus près de la vie des personnages. Six jeunes gens, filles et garçons, que l’on suit durant douze semaines de leurs existences. Et leurs existences sont malmenées. Sans jouer avec les mots, ce n’est pas tant eux qui s’y prennent mal que le monde extérieur, les adultes, les institutions, qui ne savent pas ou n’arrivent plus, à faire, à comprendre. On dirait que tout s’acharne contre eux, tout ce qui devrait être toit, cadre, entourage, devient agressif, répressif, injuste. Et eux, la jeunesse du livre, résiste, s’oppose, se bat avec toute la rage et le désespoir qui l’anime pour survivre à un système familial ou sociétal pervers et destructeur. Dès le début, on est comme emporté par le flux des mots, depuis la conscience des personnages, un parler inventé pour eux, une langue nerveuse et puissante, accrochée à la brutalité de la réalité, pleine d’images et d’énergie, dès le début, on plonge dans un drame noir avec le sentiment que l’on ne surnagera pas longtemps. Marco, Sylvie, Xavier, Malid, Manon et Thierry livrent une magnifique course éperdue, tout est contre eux, jusqu’à la fin, où même l’île, sur laquelle ce « dernier contingent » se réfugie pour livrer l’ultime bataille, se dérobe sous eux et les engloutit pour la plupart.


27 juin 2012 à 17 h 46 min
Très juste et belle présentation.
Je conseille ce roman à tous vos lecteurs et je lui souhaite longue vie.