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Dans les forêts de Sibérie : février-juillet 2010

Classé dans: Essais, France, Lison Futé 2013.

tesson-foret

Sylvain Tesson

Gallimard, 2011
[E TES]

Chers vous,
Lorsque cet été, allongé lascivement vous cuirez sous un soleil de plomb, gageons que la lecture de ce récit vous apportera suffisamment de fraîcheur pour en tempérer les ardeurs. Car 6 mois au bord du lac Baïkal dans une cabane de 9 m2 entre février et juillet, ce n’est pas tout à fait la même chose que des vacances dans l’arrière-pays niçois (même si c’est très joli). On peut imaginer que les motivations ne sont pas non plus les mêmes, et ce n’est pas que pour la « fraîcheur » à - 30° que Sylvain Tesson, grand baroudeur devant l’éternel, a décidé de passer 6 mois de sa vie dans une cabane isolée, loin du monde. C’est pour ce « loin » justement qu’il a accompli ce projet ancien. Déjà habitué des longues expéditions à travers le monde, il a désiré se mettre en situation d’isolement mais de manière statique, posé quelque part, comme une « recette du bonheur : une fenêtre sur le Baïkal, une table devant la fenêtre ». Chacun mettra ce qu’il veut derrière sa fenêtre, celle de Tesson ouvre vers l’introspection, la contemplation, le mystique. Mais il n’est pas seul. Il est venu accompagné d’icônes comme il les nomme, de livres en retard. Il en a pris une soixantaine, des romans, de la poésie, de la philosophie. Je vous laisse le soin de découvrir sa liste de lecture idéale en prévision de son séjour, là aussi chacun aura la sienne.
Cette solitude est parfois bousculée par la visite intempestive des quelques voisins alentour, et immanquablement cela se finit toujours autour d’une bouteille de vodka, élément indispensable pour faire face à l’hiver. Certains lendemains sont du coup difficiles, mais il n’y a personne avec qui composer si ce n’est les deux jeunes chiens qui « le fêtent le matin, donnant à la nuit la saveur de l’attente ».
Cela dit, ne croyez pas que le temps passé dans cette cabane ait été une alternance de lectures et de beuveries, loin de là, car tout cela demande une discipline quotidienne, comme de tenir son intérieur propre et en ordre, couper le bois même par -20, aller à la pêche sur le lac gelé. Et de citer Morand « il y a trois manières de commencer sa vie : le plaisir d’abord, le sérieux plus tard ; ou bien travailler dur au début, pour se revancher vers la fin ; ou enfin mener de front le plaisir et le labeur. » La cabane, c’est le lieu de la troisième manière.

Fabrice

dispo


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