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Balbala

Classé dans: France, Lison Futé 2004.

waberi-balbala

Abdourahman Waberi

Serpent à plumes, 1997
[WAB]

Abderahmane Waberi, écrivain ivoirien, a une œuvre très prolifique. Une œuvre qui nous fait interroger l’Histoire ; celle que partagent la France et l’Afrique. Il se fait un devoir de dénoncer les maux qui rongent cette Afrique. A commencer par les dictateurs et leur pratique de la torture et la religion qui crée “des corps étuvés”…
La corne de l’Afrique, dit-il, “des bases militaires en croissance, des contreforts vides de vivre, des mythes ravageurs comme la grande Somalie, la grande Afarie ou la grande Ethiopie, des lâchetés diplomatiques, la ronde des malheurs, la terre qui se cabre et convulse, le ciel qui boude et la mer qui pue… Des mercenaires en faction, des légionnaires en mouvement, des indigènes en guenilles, des guérilleros en embuscade, des troupeaux en sursis, la terre en ébullition, la mort à huis clos …”. Waberi écrit contre l’oubli. Il ne veut pas oublier. Il ne veut pas pardonner. Il veut recouvrer la mémoire collective, celle de la période coloniale comme celle des apparatchiks qui “font et défont la politique locale”.
Avec Balbala, il nous plonge dans le Djibouti des années noires de la guerre civile de 1991-1993, à travers le récit de quatre personnage : Wais, le marathonien de renommée internationale, Yonis, le médecin, Dilleyta, fonctionnaire et poète à ses heures perdues, et Anab, compagne de Yonis et sœur de Wais, qui s’opposent “au rouleau compresseur de la machine étatique”. Tous vivent à Balbala, un bidonville à la périphérie de Djibouti et ils refusent de se soumettre à un pouvoir corrompu et violent.
L’indépendance ne leur a rien apporté : “Aucun homme et aucune femme du pays nomade ne siège à l’Assemblée, on a fait du neuf avec les anciens sous-fifres de la sous-préfecture coloniale [...], une classe politique miniaturisée. Petit peuple de requins, de judas à la petite semaine, de patriarches bedonnants et véreux, et des clanistes au sommet duquel trône un timonier colérique et rancunier. Pas étonnant que la crise ait secoué le pays en l’An 1 de la république.”
Face à ces dérives les quatre de Balbala ne vont pas se taire. La peur est surmontée.
Le pouvoir les arrêtera et les jettera en prison. Trop tard, la voie est ouverte.
L’espoir renaît à Balbala.

Mohamed

dispo

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