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L’art de perdre

Classé dans: France, Lison Futé 2018.

zeniter-art

Alice Zeniter

Flammarion, 2017
[ZEN]

Sur les 581 livres parus dans le cadre de la rentrée littéraire 2017, une petite dizaine d’ouvrages ont eu pour thème l’Algérie, en particulier les non-dits de la guerre : Nos richesses de Kaouther Adimi ; Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud ; Climats de France de Marie Richeux ; L’art de perdre d’Alice Zeniter.
Il y a des livres qui nous attirent viscéralement mais qu’on a (en même temps) peur d’ouvrir car on sait que l’expérience de lecture va nous bousculer profondément, intimement !
C’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque j’ai lu la 4ème de couverture de ce roman d’Alice Zeniter.
L’art de perdre, c’est une histoire de famille (de harkis) qui commence dans les années 30 de l’autre côté de la méditerranée, et qui se poursuit sur trois générations :
- Ali le grand-père kabyle, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, respecté de son entourage. Lorsque le FLN demande aux vétérans d’abandonner leurs pensions de guerre, il tient tête et refuse. Il n’a pas risqué sa vie pour rien ! Il est donc désormais classé dans le camp du colonisateur et devient un harki et n’a pas d’autre choix que de quitter l’Algérie en 1962 avec sa femme et ses enfants.
- Hamid, le fils aîné qui grandit en France dans la campagne de Basse-Normandie ; il apprend à lire et à écrire le français en trois mois, chasse l’Algérie de sa mémoire et épouse Clarisse avec qui il a quatre filles.
- Naïma, la petite-fille, jeune femme moderne et cultivée qui travaille de nos jours dans une galerie d’art parisienne et qui un peu malgré elle va remonter le fil de l’histoire de sa famille parce que personne ne lui a « transmis » l’Algérie ; comme si le silence, la peur, la honte avaient cimenté cette famille.
Certaines scènes sont puissantes, touchantes, poignantes, marquantes (l’arrivée dans le camp de Rivesaltes, la première nuit de Naïma dans le village de son grand-père en Kabylie…)
L’art de perdre est une histoire de filiation, d’identité, de transmission, de silence, d’indépendance, de mouvement et de racines.
Une histoire où accepter de perdre peut permettre d’avancer.

Soraya

dispo


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