| Le
23 août 1887, Joe Hackney, avorton boitillant aux battoirs de
puncheur, ancien voyou reconverti sergent à Scotland Yard,
est envoyé à Glasgow pour y résoudre une méchante histoire
de meurtres : un cambriolage qui a mal tourné avec clampin
éventré au milieu du salon. L'enquête va bien vite montrer
que ce n'est pas un acte isolé. Hackney et son collègue
local Buchanan vont s'apercevoir que des crimes similaires (
arme du crime, forme de la plaie, traces de rouille) ont été
commis dans toute l'Ecosse depuis plusieurs années. D'abord
deux, puis dix, puis vingt, puis quarante puis soixante ans
séparent les premiers méfaits du Diable de Glasgow du
cambriolage raté qui les a mis sur sa piste. Du coup, ils se
doutent qu'ils n'ont pas affaire à un assassin comme les
autres.
Et, de fait, ils ont raison.
Le roman de Gilles Bornais se présente
comme à la fois "noir, historique et fantastique". On peut ajouter que les amateurs d'énigmes pourront y
trouver leur compte, que ceux que l'ambiance des bas-fonds
victoriens réjouit seront comblés. Pour une fois, dans un
roman policier historique, on n'évolue pas au milieu de vieux
lords sournois confits dans la porcelaine de Chine et l'afternoon
tea, mais dans les caniveaux fortement peuplés par la misère
crasse des masses laborieuses. Gilles Bornais nous fait un
vrai roman noir d'époque. Par la voix de son héros, il mène
le récit tambour battant, si bien qu'on aura bien du mal à
s'en détacher pour une belote au clair de lune (en ce qui me
concerne la belote au clair de lune est une activité sacrée
en vacances, on peut la remplacer par beach volley ou bal
disco, suivant son propre goût).
Emmanuel |