|
Un sentiment de générosité nous
transporte au fil de ce roman. Deux hommes, que tout sépare,
partagent la même passion : l'amour de la terre. De ce
plaisir simple, va naître une amitié au-delà des mots. L'un
peint, l'autre jardine. L'un reproduit ce que l'autre
récolte.
Avec beaucoup de pudeur, Henri Cueco,
célèbre peintre, nous fait vivre dans ce premier roman une
belle histoire d'amitié et nous donne une merveilleuse envie
de revenir à la source principale : la terre.
Arlette
Il voulait un jardin de curé, le peintre. Alors le
jardinier y met du cœur afin d'obtenir de belles salades pommées,
des poireaux et des courgettes parce qu' " on dirait des
doigts qui leur poussent ". On y plantera également des
haricots verts car la femme, celle du peintre, aime bien les haricots
verts.
Nous lisons avec un plaisir gourmand - sans pour autant aimer les
légumes, mais si on les aime, c'est encore mieux ! - ces
conversations entre un peintre qui pourrait être Henri Cueco
lui-même, cherchant à élucider le mystère du vivant par la
peinture et un jardinier émerveillé par la germination. De dialogues
en dialogues, nous apprenons à connaître ce jardinier un peu rustre
qui parle philosophie sans le savoir.
Le portrait attachant d'un homme simple émerge, passionné sans en
avoir l'air et généreux par passion. Et quand l'envie fera défaut
car le corps ne suit plus, ce jardinier qui a bien pensé au ciel
aboutira à cette conclusion :
" Le ciel n'est pas pour moi. Je m'y vois pas. C'est
plutôt là-dessous, dans les racines et les trous. Je serai
plus à mon affaire. Là-haut, je m'y perdrais, j'ai pas de
repères ".
Marie-Jo
|