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Victor Zolotarev mène une vie morne et
tranquille (pour ne pas dire qu’il s’ennuie ferme) en
compagnie de Micha, le pingouin qu’il a récupéré au zoo
de Kiev, alors en faillite. L’avenir ne semble guère lui
sourire, d’autant plus que l’hiver pointe son nez, ce qui
lui promet quelques difficultés étant donnée sa situation
financière. Tout au plus peut-il espérer que Micha, qui ne
supporte pas l’été, daignera lui rapporter quelques
poissons pêchés dans le Dniepr lorsque le froid aura saisi
la ville. Pourtant, alors qu’il n’envisageait plus de
pouvoir un jour vivre de sa plume (on pourrait le ranger dans
la catégorie des écrivains ratés), il est contacté par le
rédacteur en chef d’un grand quotidien ukrainien lui
demandant de tenir la rubrique nécrologique du journal pour
un salaire plus qu’honnête. Seule particularité, ces
nécrologies ne concernent que des personnalités encore de ce
monde, le plus souvent encore en activité… jusqu’au jour
où paraît sa première nécrologie, puis deux, trois…
Thriller absurde plus effarant qu’effrayant, plus amusant qu’angoissant,
mais toujours intrigant et curieux. Ce livre est peu banal,
pourtant, il n’est question que de ça ! La vie de
Victor est d’une banalité presque tuante, et lui même ne
demande pas autre chose. Mais la présence ô combien
importante du pingouin, personnage presque principal, sorte de
double échappé de la banquise, anonyme et singulier, distant
et attachant, donne au récit un ton bien particulier, appuyé
par une description du quotidien très chargé en vodka :
toute occasion est une invitation à boire, de la bonne comme
de la frelatée, ça protège du froid, réchauffe les
esprits, et c’est bon pour l’amitié ! A lire à
jeun.
Fabrice
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