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Comment les ménages peuvent-ils avoir le
moral avec un nom pareil ? Ménage… voilà bien un mot qui ne
donne pas trop le moral au narrateur, surtout quand le ménage
en question est celui de ses parents, un couple de la classe
moyenne des années 70 qui a trouvé le paradis sur terre dans
un lotissement de l'Essonne, paumé au milieu des champs.
Ici, la valeur première, c'est l'argent (pas pour le dépenser
mais pour l'économiser), le plat de prédilection le gratin de
courgettes (qui se mange sur une table en formica bleu, en
écoutant Le téléphone sonne à France Inter ou des
tubes de Michel Delpech), la sortie c'est Carrefour pour acheter
le camembert qui doit faire la semaine…
La mère, c'est la reine des économies, des " Mais
enfin, Jean-Pierre " ou des
" Tarvrac " (contraction de
" T'avoueras que "). Le père (Jean-Pierre,
donc), cadre moyen dans une grosse boîte rentre tous les soirs
à 19 h 30 tapantes et subit les reproches de ses chefs, les
" Mais enfin, Jean-Pierre " de sa femme et
les critiques virulentes de son fils.
Car le fils est un ado qui étouffe dans ce monde étriqué.
Devenu adulte (et chanteur sans aucun succès), il se lance dans
un long monologue réquisitoire contre cette classe moyenne
méprisable, contre ses parents, Michel Delpech et le gratin de
courgettes.
Mais la roue tourne, et son adolescente de fille se chargera de
lui jeter à la figure toutes les incohérences de son mode de
vie, à l'opposé de celui de ses parents.
Il paraît qu'on devient adulte quand on pardonne à ses parents
! A méditer après avoir refermé ce livre insolent, drôle et
méchant, mais malgré tout, non exempt d'une certaine
tendresse.
Marie-Christine
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