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Tiens, ce titre me rappelle vaguement quelque
chose. Décidément, l'année 2001 en aura connu des destins
dont les qualificatifs se terminent par -eux ! Et puis, sans
aller jusqu'à dire " Amélie, Edgar, même
combat ", je remarque que ces deux personnages sont
animés d'un même dessein (à défaut de connaître le même
destin) : Amélie veut faire le bonheur des autres, c'est
fabuleux. Quant à Edgar, il cherche à soulager la conscience
du facteur qui lui a roulé sur la tête avec sa jeep quand il
avait sept ans et s'est enfui, désespéré, le croyant mort.
Sauvé, Edgar l'a été. C'est miraculeux.
Hélas, le miracle s'arrête là car l'enfance d'Edgar est un
cauchemar : après son accident, il est abandonné à l'hôpital
par sa mère, une jeune Indienne tombée dans l'alcoolisme par
désespoir.
Edgar passe ensuite quatre ans dans un pensionnat qui
" récupérait les rebuts du système scolaire du
Bureau des Affaires indiennes et faisait office de dépotoir
pour fauteurs de troubles, laissés pour compte, délinquants,
enfants abandonnés, malades mentaux et orphelins comme moi. (…)
Hormis nos cheveux noirs et notre peau présentant toute une
palette de bruns, nous n'avions en commun que d'être là parce
que personne d'autre ne voulait de nous."
Ce passage laisse présager l'horreur et la solitude vécues par
Edgar tout au long de ces quatre années. Les scènes de
sévices orchestrés par une bande de durs sont à la limite de
l'insoutenable. D'ailleurs, Edgar se suicide. Mais, pour la
deuxième fois de sa jeune existence, il est miraculé. Il
quitte le pensionnat, adopté par une famille de Mormons, dans
l'Utah. Nous venons de dépasser la page 300 de ce livre
foisonnant et nous respirons enfin, car nous croyons que le
destin d'Edgar va basculer, devenir … fabuleux, pourquoi pas ?
Et bien, non. Pour cela, il faudra attendre la page 510 (le
roman en comporte 545). La fin est un véritable rebondissement,
là on pense à John Irving et on se dit qu'Edgar l'orphelin
pourrait bien être le petit frère spirituel d'Amélie et de
Garp !
Marie-Christine
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