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Science-fiction

René Barjavel La nuit des temps

Alfred Bester L'homme démoli / Terminus les étoiles

Pierre Bordage Wang

Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite

Melvin Burgess La déroute

Théophile Gautier Aria Marcella, souvenir de Pompéi

Robert Silverberg Le seigneur des ténèbres

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René Barjavel

La Nuit des temps

Pocket, 1968
[RSF BAR]

Au pôle Sud, les membres d'une expédition internationale sont en émoi. Ils ont détecté, sous mille mètres de glace, des ruines gigantesques, enfouies depuis neuf cent mille ans et d'où s'élève un signal régulier…
Une initiation en douceur à la science-fiction. Cette histoire est avant tout un suspense formidable sur fond de spéléologie polaire. Des scientifiques de notre temps vont découvrir un monde peut-être pas si surnaturel que ça. Le récit, fabuleux amalgame du présent et du futur, évolue rapidement vers un sentiment intemporel : la passion.
Comment ne pas vouloir entraîner et accompagner ces aventuriers en quête de vérité ?

Audrey

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Alfred Bester

L’Homme démoli

Terminus les étoiles

Denoël (Présence du futur), 1953, 1955

Traduit de l’anglais (États-Unis)
[RSF BES]

Alfred Bester, né aux États-Unis en 1953 et mort en 1987, n’a laissé que peu de romans, quatre en tout et pour tout, dont un jamais paru en France parce que… intraduisible. Il n’empêche, les trois autres sont de véritables petits bijoux, en particulier L’homme démoli, histoire d’un meurtrier dans un monde où la télépathie est devenue monnaie courante, rendant le crime impossible… et Terminus les étoiles, un roman de SF calqué sur le schéma du Comte de Monte Cristo, vengeance et poursuite étant les thèmes principaux, mais à travers le temps et l’espace puisque les hommes y ont développé la capacité de se téléporter.
Derrière des thèmes classiques, Alfred Bester, loin de reproduire les poncifs du genre, les renouvelle à chaque ligne, faisant preuve d’une imagination débordante et subversive. Sachez pour l’anecdote qu’Alfred Bester légat tous ses biens à son barman favori, ce qui ne pourra qu’aiguiser votre insatiable curiosité…

 Fabrice

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Pierre Bordage

Wang ( 2 tomes )

L’Harmattan, 1996
[RSF BOR]

Dans un avenir assez proche, le XXIIIe siècle, le monde d’alors n’a fait qu’accentuer les clivages actuellement existants. L’Occident, coupé du reste du monde par des frontières infranchissables, vit en autarcie avec à sa tête des états nationalistes. Les peuples y ont troqué leur liberté pour la sécurité, rien ne dépasse, tout y semble propre et extrêmement policé. De l’autre coté de ces frontières, des empires, des états morcelés gouvernés par des néo-triades. La pauvreté fait des ravages : violence, règlements de comptes, prostitution, épidémies, régions irradiées, pouvoirs obscurantistes sont le lot commun des peuples de ces régions. Le seul véritable lien qui semble exister entre ces deux mondes sont les fameux Jeux Uchroniques que l’Occident organise tous les deux ans et qui consistent à reconstituer sur une île des guerres à caractère historique durant lesquelles deux stratèges s’affrontent. Dans un premier temps, ceux-ci ne furent que virtuels, puis très vite il s’avéra que de faire s’affronter de véritables êtres humains était bien plus excitant pour les Occidentaux branchés en permanence sur leur Sensor, histoire de vivre la mort en direct… Qui de mieux que les immigrés pour remplir ce rôle de " chair à saucisses défoulatoires " ? C’est dans ce contexte que Wang, jeune Chinois de dix-sept ans contraint de fuir sa province se retrouve en Occident où son destin l’amènera à jouer un rôle quasi messianique.
Pierre Bordage, auteur faut-il le rappeler de la trilogie des Guerriers du silence, met à nouveau à rude épreuve l’humanité. Mais c’est ici face à lui-même que l’Homme est confronté, face à ses propres tares, son incapacité collective à faire le bien, et c’est à travers des individus au destin exceptionnel, à leur force d’adaptation, d’évolution, et surtout en leur capacité à faire des choix plutôt qu’à les subir (thème important dans l’œuvre de Pierre Bordage) que l’auteur nous rappelle que quel que soit le contexte le choix est toujours possible, même s’il conduit à la mort, a contrario, l’absence de choix est la négation de notre humanité…

 Fabrice

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Mikhail Boulgakov

Le Maître et Marguerite

Pocket, paru en 1966
Traduit du russe
[RSF BOU]

Impossible pour moi d’écrire le moindre résumé de cette œuvre capitale de la littérature russe durant la période stalinienne. Au fil des pages, le diable et ses comparses prennent possession de Moscou en s’amusant comme des petits fous.
Boulgakov crée ici une satire, tantôt burlesque tantôt remplie de crimes monstrueux, du système soviétique dans lequel il baigne, et qui l’écrase.
Il mettra plus de vingt ans à écrire ce livre, sans espoir de le voir publier, puisque Staline en personne lui interdit d’exercer son métier d’écrivain -- et mourra l’année de son achèvement en 1940, bien avant sa parution en Union Soviétique, en 1966 (dans une version censurée d’une centaine de pages).
Ce roman est pourtant avant tout un roman d’amour, dont la fantasmagorie poético-dingo, jamais ennuyeuse, est en fait bien innocente. Notons tout de même quelques phrases qui ont dû faire bondir les dirigeants d’alors, telles que : " Aucune force au monde ne peut obliger une foule à se taire tant qu’elle n’a pas exhalé tout ce qui s’est accumulé en elle et qu’elle ne se tait pas d’elle-même… " ou bien " Il faut reconnaître que, parmi les intellectuels, on rencontre parfois, à titre exceptionnel, des gens intelligents …" ou encore " On a bien tort de vouloir faire de grands projets, ça ne sert à rien…. "

Yann

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Melvin Burgess

La Déroute

Gallimard (Frontières), 1999
Traduit de l’anglais
[RSF BUR]

Davey, dit " Gateau-mouche " et Sham, deux enfants orphelins totalement en marge de la société, découvrent par hasard un homme blessé mortellement accompagné d’un bébé. Très vite, ils apprennent qu’il s’agit d’un kidnapping pour lequel les ravisseurs réclamaient 17 millions de livres. Bientôt ils seront rejoints par Jane, la sœur de Davey. Se posera alors la question, pour eux qui nagent dans la misère, les petites combines et l’asservissement, de savoir ce qu’ils feront du bébé…
Ce récit se serait situé à Bogota, il n’aurait finalement été qu’extrêmement banal. La misère, la violence, les bandes d’enfants livrés à eux-mêmes à la merci des escadrons de la mort y sont rattachés dans l’inconscient collectif. Seulement voilà, tout ceci se passe à Londres, c’est à dire à 3 heures de train, et c’est tout simplement hallucinant ! Des bandes d’enfants arpentent les rues, totalement misérables, sous la coupe de ce que eux appellent les " Mères ", leur ramenant tout ce qui peut être récupéré, certains auront des petits boulots, d’autres se prostitueront ou encore trafiqueront, à la merci des escadrons de la mort. Burgess nous fait également visiter des taudis qui s’étalent dans la campagne avoisinant Londres, la transformant en véritable bidonville. Anticipation me direz-vous, il n’empêche, le propos est troublant. Et surtout ne vous méprenez pas, ceci n’est pas une production hollywoodienne où l’on vous fait croire que pour peu que vous le vouliez, tout est possible. La fin est sans appel : la misère ou la mort ! Le message est clair, cette société n’a que faire des miséreux, point de rédemption, de seconde chance, le business a besoin de fumier et d’ordre contre ceux qui représentent le désordre…

 Fabrice

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Théophile Gautier

Arria Marcella, Souvenir de Pompéi
in La morte amoureuse, Avatar, Le chevalier double et autres récits fantastiques

Gallimard, 1852
[RSF GAU]

Quelques amis sont en voyage à Pompéi et tout se déroule normalement, jusqu'à la visite d'un musée.
La cendre moulée d'une belle Romaine enflamme le cœur d'Octavien. Cet étudiant, rêveur et inadapté à la vie moderne, est alors obsédé par Arria. Il pense avoir trouvé sa chimère. Dès lors, la poésie évocatrice de ce fol amour prolifère dans le récit et évolue en une sorte de " sorcellerie " incantatoire. Somnambulisme, delirium ou magnétisme des âmes ?
Octavien entre dans un univers où les images du passé sont toujours frémissantes. Arria Marcella est une aventure onirique où l'impalpable s'agite, évoque et remet en cause des thèmes fondamentaux.
" … et qui n'a souhaité, par un désir rétrospectif, vivre un instant dans les siècles évanouis. " (Goethe).

Samantha

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Robert Silverberg

Le Seigneur des ténèbres

Denoël, 1996

Tome 1 : Le Navigateur
Tome 2 : Le Guerrier

Traduit de l’anglais (États-Unis)
[RSF SIL]

Silverberg, auteur de romans de science-fiction bien connu, tombe un jour sur un vieux livre Les Etranges aventures d’Andrew Battell, de Leigh, en Angola et dans les régions voisines, récit authentique des mémoires d’un marin anglais, paru en 1616.
Il décide donc, sur ce fait, de déroger à son genre de prédilection -- la SF --, pour redonner vie à ce personnage.
C’est ainsi que le lecteur se retrouve en 1589, quittant l’Angleterre élisabéthaine à bord d’un navire corsaire pour se retrouver bientôt esclave des Portugais, d’abord au Brésil puis sur les côtes africaines dans un comptoir négrier. Andrew Battell, au fil des deux tomes de ce roman qui se lit d’une traite (sans jeu de mots), restera 20 ans prisonnier des " sombres terres d’Afrique ", bien éloignées de son Essex natal. Découvrant malgré lui un univers terrible où les plus sauvages ne sont pas toujours ceux que l’on croit, où le bien et le mal n’ont pas le même relief et où l’amour, aussi, a une saveur bien particulière….

Yann