| David James Duncan
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La
vie de Gus Orviston,
Albin Michel (Terres d’Amérique), paru en 1983
Traduit de l'anglais
(États-Unis)
Gus Orviston nous raconte son existence sous le signe
de la mouche (celle dont on se sert pour attraper des poissons). Son
père, Henning Hale-Orviston, surnommé H2O, est chroniqueur dans la
partie pêche d'un journal de l'Oregon, et ne reconnaît sous le nom de
pêche que celle qui s'effectue avec un leurre artificiel, communément
appelé mouche. Sa mère est une pêcheuse à l'asticot, ce qui crée
nombre de controverses dans le foyer Orviston. Bill Bob, son petit
frère, a en horreur tout ce qui peut rappeler l'eau et sa faune, de
près ou de loin.
Gus est un pêcheur hors norme, un pêcheur-né, qui
voue sa vie à cette activité jusqu'à dix-sept ans sans se soucier du
reste. Puis un jour, alors qu'il observe la rivière depuis un
promontoire, il aperçoit dans ses méandres les prémices d'une
question : " Pourquoi " (why
dans le texte original, ce qui, convenons-en, est plus crédible). Il va
tenter d'y répondre.
Ce n'est pas parce qu'on n'aime pas la pêche, ni
même parce qu'on ne manifeste aucun intérêt pour ce
" sport ", qu'il faut se priver du plaisir de lire
les aventures de ce Garp aquaphile. C'est un livre complet : à
la fois roman d'initiation, plaidoyer écologique, roman d'amour, étude
des petites vies de l'Amérique profonde, encyclopédie piscicole, c'est
aussi un livre très drôle, plein de vie, avec un chien qui parle, une
souris qui chante, une fille qui pêche dans le plus simple appareil,
des hippies, des chèvres, un philosophe, une rivière qui prend sa
source dans une banque, des randonnées impromptues, des gens sans
histoires qui ont des choses à raconter, une épicerie et des
épicéas.
Emmanuel
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