Mahmoud Darwich
Ne t'excuse pas

Traduit de l'arabe (palestinien)
Actes Sud, 2006
[P DAR]

Célébrer l'Amour, la Beauté, la Vie, dans un pays en guerre est un exercice difficile pour un poète.
A soixante cinq ans, Mahmoud Darwich, l'un des plus grands poètes de langue arabe vivant, nous gratifie d’un recueil de poèmes d'une grande sensualité.
Ne t'excuse pas est  une véritable ode à l’amour, un magnifique recueil de poésies et une belle invitation au voyage dans cette région du Moyen Orient et son pays la Palestine.
Sa  poésie est comme il le dit  ouverture et affirmation de la diversité des identités. Elle est la voix qui rassemble les êtres humains.
Né en 1942, en Galilée, Mahmoud Darwich, a connu l’exil dès 1948.
Après vingt sept ans d’errance, il revient s’installer à Ramallah, en Palestine, pour écrire une poésie qui "rend l’invisible visible et le visible invisible".
De ce nouveau recueil, où il précise être malade d'espoir, il dit :
" J’écris sur la beauté dans un pays où elle a été mutilée, saccagée, et où l’on vit en deçà de la vie. Je tente de compenser ce manque par la beauté que je chante dans mes poèmes. Comme un poète qui recommencerait de zéro, je m’attache à décrire la forme d’un nuage ou d’un cyprès, la fleur d’un amandier. Je me suis placé sous la protection des maîtres de la poésie arabe, mais uniquement des maîtres joyeux. Oui, j’écris en état de joie. Pas pour survivre, simplement pour vivre. Les lecteurs palestiniens qui vivent dans des conditions dramatiques ont accueilli magnifiquement ces poèmes. Lors d’une soirée de lecture à Ramallah, ils ne me réclamaient que des poèmes d’amour. Des femmes se sont mises à danser. Tous voulaient dire que l’occupation n’a pas écrasé leur humanité."
La poésie, ajoute-t-il, est fragile. C’est ce qui en fait sa puissance. Si elle tentait d’affronter les tanks, elle serait écrasée. La poésie a la fragilité de l’herbe. L’herbe paraît si vulnérable, mais il suffit d’un peu d’eau et d’un rayon de soleil pour qu’elle repousse...

Mohammed

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Mahmoud Darwish

Albane Gellé
Quelques

Inventaire/Invention, 2004
[P GEL]

Durant deux ans, Albane Gellé a rencontré les habitants d’une tour du quartier du Blosne, à Rennes. Après une rencontre de quelques instants ou après de longues heures d’écoute, autour d’un café ou à côté d’une télévision allumée, Albane Gellé a couché sur le papier ce qu’elle a retenu de ces mots de rien, de ces mots du quotidien.
Dans son carnet de bord, Albane Gellé résume ainsi son projet initial : « justement, tiens, si je venais avec ce qui me questionne tant, qu’est-ce qui se dit, de quoi on parle - les bruits, les mots, les siens, ceux des autres - les langages les conversations les paroles échangées - ce qu’on se dit entre voisins, à deux, à trois, à dix, à table, en famille - de quoi il est question quand on se croise dans l’ascenseur, lors des réunions d’immeuble, dans les fêtes, les soirées - ce qu’on se dit à soi - ce qu’on entend des autres - à travers les murs, les fenêtres, au café... ». De cette « résidence », Albane Gellé a retiré trente deux portraits. Ces fragments de vie disent les petits riens, les petites misères, les espoirs tus. Derrière les images disparates affleure pourtant une histoire, dans des textes qui restent étonnamment sensitifs.
Voilà donc une poésie qui parle du monde avec les mots du quotidien. Un précipité de vie tout en finesse.

Marion

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le Printemps des Poètes
Poezibao

Christophe Merlin
Saint-Louis du Sénégal

Albin Michel, 2004
[916.62 MER]

Si vous n’avez pas encore organisé vos vacances ou êtes à la recherche de nouvelles destinations, ce magnifique carnet de voyage est pour vous !
Ce cahier mélangeant croquis, photographies et collages distille une vision « innocente » toutefois tempérée par des petites notes ou citations qui montrent que le voyageur cherche à creuser ses premières impressions.
Loin de tout exotisme facile, Christophe Merlin découvre la ville sans préjugé et croque les scènes qu’il rencontre au gré de ses promenades. Ainsi, le lecteur est vite plongé dans l’atmosphère de la vieille ville coloniale et de sa périphérie. "Saint-Louis du Sénégal est le théâtre privilégié, depuis plus de 300 ans de cette rencontre inter-civilisations. De cette histoire d’amour ambiguë qui lie la France à l’Afrique. C’est ce sentiment confus que je suis venu palper pendant quelques mois. "
Un voyage par procuration qui stimulera votre envie de vous rendre sur place.

Bruno

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Libération.fr

Valérie Rouzeau
Récipients d'air

Le Temps qu'il fait, 2005
[P ROU]

Vincent Vergone est faiseur d’images ; d’ordinaire, lors de spectacles, Valérie Rouzeau joue avec les mots et fait naître les images : une rencontre... et on écoute, des esquisses d'histoires où il est question d'enfance :
"je suis toujours enfant, je dessine avec soin de longs chemins de fer, et des bateaux dansant
(j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans)
Mon beau navire ô ma mémoire"
Même si ceux qui nous manquent toujours sont bien là, le souvenir n'empêche pas d'être aux prises avec le présent ("un ananas n'est pas une merde"). Aussi, elle nous emmène en promenades bucoliques, nous fait revivre des attentes d'autocar ou de train :
"Un caillou dans ma poche je me désimpatiente
Le train est en retard et le jour va tomber
Gare à ma tête en l'air gare à mon sentiment
Saincaize quel trou perdu caillou dans ma chaussure"
Cela se chante, vous ne trouvez pas ?
Comme ce titre Récipients d'air, on se demande pourquoi. Une idée m'est venue : Récipients d'air, pour la légèreté du nuage qui finit en pluie et devient la source, à laquelle on vient se rafraîchir ou étancher sa soif (c'est là que le récipient intervient !).

Marie-Jo

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Poezibao
LE TEMPS QU'IL FAIT

Ben Schott
Les miscellanées de Mr. Schott

Allia, 2002
Traduit de l'anglais
[030 SCH]

"C'est quoi, des miscellanées ?
- Un "recueil composé d'articles, d'études variées" (Petit Larousse 2001)
- C'est pas un roman alors ?
- Bah non !
- Alors pourquoi ?
- Pour qui plutôt... c'est le genre de petit livre qu'on devrait avoir sur sa table de nuit, voire, et là serait sa véritable place et cela n'a rien de déshonorant, aux waters.
- Ca parle de quoi ?
- De tout et de rien, c'est très anglais. Il y a les belges célèbres, les travaux d'Hercule et de Gargantua, les titulaires de la chaire de mathématiques à Cambridge, la composition précise (E330 compris) du Big Mac®, les styles de colonnes classiques, les définitions des phobies (comme l'aphenphosmophobie), l'alphabet en langage des signes et la liste des toasts portés par les officiers de la Navy…
- Tout et n'importe quoi !
- Non, tout et rien, ça a rien n'à voir. Tu comprends vraiment pas grand'chose, je me demande même pourquoi je t'adresse encore la parole !
- Peut-être parce que personne d'autre te parle !
- Bon, allez, laisse tomber !"

Emmanuel

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