|
 |
Boris
Akounine
Pélagie et le moine noir
Presses de la Cité, 2006
Traduit du russe
[RP AKO] |
|
C’est par la poste que Monseigneur
l’Evêque Mitrophane reçut son courrier matinal. Son
éminence décacheta l’enveloppe, lut ce qu’elle
contenait, porta la main à son cœur et tomba.
Il faut dire que le Nouvel Ararat, cloître célèbre
reclus au cœur de la Russie profonde où, depuis toujours,
de saints hommes viennent chercher une retraite salvatrice loin des vanités
et des turpitudes de la société, semble devenu la proie
du démon où de terribles apparitions troublent la communauté.
Les dernières nouvelles des enquêteurs dépêchés
par Monseigneur auprès du monastère sont édifiantes
et c’est alors que Sœur Pélagie décide de résoudre
cette nouvelle énigme au péril de sa vie.
Boris Akounine poursuit les aventures de la nonne orthodoxe, déjà
rencontrée dans Pélagie et le bouledogue blanc, à
travers ce deuxième volet d’une trilogie truffée de
rebondissement et à l’humour omniprésent.
Manuel
Liens Internet :
Etonnants
voyageurs
Rats
de biblio |
|
 |
Andrea Camilleri
La première enquête de Montalbano
Fleuve Noir, 2006
Traduit de l’italien
[RP CAM] |
|
Nous avons déjà présenté
deux livres de Camilleri dans les précédentes éditions
de Lison Futé, mais je ne résiste pas à l’envie
de vous conseiller la lecture de son dernier ouvrage composé de
trois nouvelles. Dans Sept lundis, l’équipe du commissariat
de Vigata est confrontée à un mystique qui assassine des
animaux. La première enquête de Montalbano voit le commissaire
s’opposer à une famille mafieuse. Enfin, dans Retour aux
origines, Montalbano doit comprendre ce qui se cache derrière l’enlèvement
d’une fillette.
On voit bien que le personnage de Montalbano est maintenant totalement
arrivé à "maturité". Sa mise
en scène est plus qu’un prétexte à nous décrire
la Sicile chérie de Camilleri, ce personnage combine l’état
d’esprit sicilien (ou du moins celui dont l’auteur a une évidente
nostalgie) et une personnalité vraiment unique caractérisée
par son humanisme. Certes, certains traits de la société
sicilienne ont été estompés (aucun crime de sang
dans ces trois enquêtes) mais cela permet par contre de ne pas sombrer
dans la caricature pour mieux entrer dans les profondeurs de "l’âme
sicilienne".
Bruno
Liens Internet :
Lire
|
|
 |
Grégory Mcdonald
Rafaël, derniers jours
10/18, 2005
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
[RP MAC] |
|
Snuff Movie : le terme snuff movie
apparaît pour la première fois au milieu des années
70 au Mexique. Le "snuff" réalisé
par des amateurs, est un film supposé représenter des sévices
et des meurtres réels.
Certaines personnes considèrent que ces films ne pourraient être
qu’une légende urbaine.
Morgantown, petite ville perdue au sud-ouest des Etats-Unis. C’est
là que survit Rafaël, près d’une décharge
publique.
Jeune marié d’une vingtaine d’années, illettré,
alcoolique et père de trois enfants, il décide, afin de
faire subsister sa famille, d’être l’acteur d’un
Snuff Movie.
Il se retrouve chez un producteur véreux qui lui explique comment
il va se faire tuer devant une caméra pour quelques dizaines de
milliers de dollars.
En sortant du bureau, Rafaël n’a plus que trois jours à
vivre...
Bien plus que les descriptions insoutenables du calvaire que va subir
Rafaël, ce sont les derniers jours qu’il passera avec sa famille
et ses amis, sans leur dire l’horrible vérité, qui
seront le plus difficile pour lui.
Avec ce livre Grégory Mcdonald s’aventure au cœur même
de la misère humaine.
Ces lignes sont parfois assez insupportables mais font preuve d’un
réalisme consternant.
Difficile de rester insensible à ce roman, il vous brûle
les boyaux dès la première page et bien au-delà de
la dernière.
Daniel
Liens Internet :
e-litterature
|
|
 |
Kem
Nunn
Surf City
Gallimard, 1995
(Première édition en 1984)
T raduit de l’anglais (Etats-Unis)
[RP NUN] |
|
"T’aimes le surf toi ?
- Non, à part quelques films débiles et les Beach Boys (qui,
à part Dennis, n’ont jamais mis un orteil sur une planche)
c’est pas trop mon truc
- Alors pourquoi Surf City ?
- Kem Nunn fait partie de ces noms inconnus qu’on entend beaucoup
quand on commence à gratter un genre. Il est au roman noir de ces
dernières années ce que Fred Neil est au folk des années
60 ou Gram Parsons au rock des années 70. Un nom qui circule entre
initiés ou dans des articles obscurs.
- Et son bouquin ?
- C’est l’histoire de Ike, un jeune qui croupit dans le désert.
Un jour un type se pointe en Camaro (c’est à ça qu’on
reconnaît un texte des années 80) et lui dit que sa sœur,
qui est partie depuis deux ans, est morte lors d’un voyage au Mexique
avec trois surfers. Ike part à Huntington Beach pour les retrouver.
- Et il les retrouve ?
- Oui, mais il trouve aussi le surf, la dope, les filles et un certain
dégoût de soi. C’est un vrai roman noir, désespéré,
quelque chose de vraiment crépusculaire, qui laisse un goût
amer dans la bouche quand on l’a terminé
- On peut le lire sur la plage ?
- Oui, mais l’année prochaine, tu partiras à la montagne."
Emmanuel
Liens Internet :
entre2noirs |
|
 |
Fred
Vargas
Pars vite et reviens tard
Viviane Hamy, 2001
[RP VAR] |
|
Sur la place Edgar Quinet, Joss, breton
exilé à Paris, a repris la fonction de son arrière-arrière
grand père : il est crieur de nouvelles. Depuis quelques temps,
il découvre d’étranges missives dans sa boîte
à message : des messages de mort, de destruction, l’annonce
de la peste.
A l’autre bout de la ville, le commissaire Adamsberg s’inquiète
de ces mystérieux "4" qui ont été
peints sur des dizaines de portes de la ville.
Très vite le lien est fait entre ces événements.
On comprend bientôt qu’il ne s’agit pas de l’œuvre
d’un amuseur. Le pire est à venir.
Mais n’en disons pas plus.
Ajoutons simplement ceci : l’intrigue est passionnante, les
personnages étonnants, les dialogues jubilatoires. C’est
peu dire que Fred Vargas (archéologue médiéviste
de formation), renouvelle le genre policier avec talent.
Autant dire qu’une fois qu’on y a goûté, on ne
peut s’empêcher de s’attaquer aussitôt à
tous ses autres romans.
Marion
Liens Internet :
polarnoir
Vivianehamy
|